C’est dans un petit centre de 200 mètres carrés à la sortie sud de Tunis que commence une aventure pleine de promesses. Un projet local, pensé et porté par des Tunisiens, avec une ambition nationale, voire continentale. Au milieu des ponts élévateurs et des clés à molette, Sami Mosbah, ex-directeur du réseau Midas Tunisie, a troqué le confort d’un poste bien établi contre les incertitudes d’une création de ex nihilo. C’est ici, dans ce centre d’entretien rapide niché au cœur d’une station Ola Energy fraîchement rénovée, que démarre le réseau Coccinelle Autorepair, la nouvelle enseigne 100 % tunisienne dédiée à l’entretien automobile.
L’histoire aurait pu s’arrêter à Midas. Après plus de 17 ans à faire ses armes dans le secteur, Sami Mosbah avait tout : le réseau, la reconnaissance, les automatismes. Mais quelque chose clochait. « Le développement était freiné », lâche-t-il, un brin amer. Or, pour un homme qui pense en plans de développement, centres pilotes et déploiement de concepts, le mot « frein » sonne comme un signal d’alarme.
C’est alors que se présente l’occasion de se joindre à un projet neuf, encore en gestation, initié par Aymen Ahmar, fondateur du groupe Coccinelle, connu pour ses activités de location de voitures, de transport premium et de mobilité. À la tête d’une flotte de plus de 120 véhicules répartis sur cinq gouvernorats tunisiens, le groupe avait un besoin simple : entretenir ses propres voitures. De là à lancer une enseigne ? Il n’y avait qu’un pas.
Voici une version développée et enrichie de ce paragraphe, pour mieux ancrer le récit dans une logique d’implantation, de stratégie industrielle et de vision long terme :
Le point de départ d’une ambition plus grande
Dans le jargon entrepreneurial, on parlerait de développement vertical. Mais ce que Sami Mosbah et Aymen Ahmar ont en tête va bien au-delà d’une simple optimisation des coûts de maintenance. Le duo, porté par un esprit de conquête, a imaginé dès le départ un projet à double vocation : couvrir les besoins internes du groupe Coccinelle – dont la flotte dépasse les 120 véhicules – tout en créant une marque indépendante, porteuse d’un nouveau modèle de centre auto à la tunisienne. « On s’est demandé pourquoi ne pas capitaliser sur notre expérience et nos ressources pour lancer une enseigne qui nous ressemble ? », raconte Sami, en évoquant les premiers échanges avec Aymen. De cette réflexion naît Coccinelle Autorepair, non pas comme un simple atelier en interne, mais comme une future chaîne de service rapide, pensée pour rayonner au niveau national à travers un réseau structuré.
Le premier point de service, véritable prototype du modèle, a ouvert ses portes dans la banlieue sud de Tunis, à l’entrée d’une station-service Ola Energy. Sur une surface de 200 mètres carrés, l’espace a été conçu avec précision : deux ponts élévateurs pour assurer un rythme fluide, un portique de lavage qui joue un rôle stratégique dans l’attractivité commerciale, un bureau d’accueil polyvalent et un petit dépôt de stockage. Mais plus qu’un simple atelier, le centre incarne une volonté de professionnalisation immédiate. Le partenariat avec Ola Energy n’est pas anodin : il permet à Coccinelle Autorepair de bénéficier d’un emplacement à fort passage tout en réduisant les charges d’équipement grâce à des installations partagées – notamment les bancs et les infrastructures techniques mises à disposition dans le cadre d’un accord de mutualisation. En contrepartie, les lubrifiants utilisés sont estampillés Ola, un compromis logique et rentable pour une enseigne en lancement.
Du côté des pièces, des consommables et du matériel de diagnostic, les choix ont été opérés avec discernement. Sami Mosbah, fort de son expérience passée dans un réseau international, a veillé à sélectionner des partenaires locaux et internationaux capables d’allier fiabilité, qualité constante et conditions commerciales favorables. Chaque fournisseur est scruté, chaque outil évalué. Rien n’est laissé au hasard dans cette phase de rodage : il s’agit non seulement de prouver la solidité du concept, mais aussi d’en poser les fondations techniques, opérationnelles et humaines pour pouvoir, à terme, répliquer le modèle sur d’autres sites.
Ce premier centre, bien plus qu’une simple ouverture, est donc une vitrine, un laboratoire grandeur nature et un point de départ vers une ambition plus large : celle d’installer, à terme, une enseigne tunisienne de service auto capable de rivaliser avec les grands noms du secteur, tout en gardant une identité forte et un ancrage local affirmé.
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