L’industrie automobile tunisienne continue d’évoluer loin des projecteurs, mais avec des décisions structurantes. Alors que la filière des équipementiers s’impose comme l’un des piliers industriels du pays, de nouveaux investissements viennent confirmer cette dynamique, notamment dans les régions de l’intérieur.
C’est dans ce contexte que Cofat, filiale du groupe Elloumi et acteur historique des systèmes électriques automobiles, a inauguré un nouveau site industriel à Kairouan. Un projet qui dépasse le cadre d’une simple extension de capacité et qui démontre les transformations en cours dans l’écosystème automobile tunisien.
Implantée à Sbikha, dans le gouvernorat de Kairouan, la nouvelle usine Cofat intervient dans une logique de croissance maîtrisée. L’objectif est clair : renforcer les capacités de production tout en répondant aux exigences techniques croissantes des constructeurs automobiles internationaux.
Spécialisée dans les faisceaux électriques et les systèmes de distribution d’énergie, Cofat accompagne l’évolution des véhicules vers plus d’électrification et de complexité. Le nouveau site a été conçu pour intégrer des standards industriels élevés, aussi bien en matière de qualité que d’organisation des process.
À terme, près de 2.000 emplois directs doivent être créés. Au-delà de l’impact social, ce chiffre est la preuve de la montée en puissance d’une industrie qui mise sur la formation, la compétence et la stabilité des équipes.
Une réponse concrète aux mutations de l’automobile
L’ouverture de cette usine intervient dans un contexte de profonde mutation du secteur automobile mondial. L’électrification, la multiplication des systèmes embarqués et la recherche de fiabilité accrue placent les équipementiers au centre de la chaîne de valeur.
La Tunisie dispose d’atouts solides dans ce domaine. Une expérience industrielle reconnue, une main-d’œuvre qualifiée et une proximité géographique avec l’Europe. En renforçant sa présence industrielle, Cofat s’inscrit pleinement dans cette dynamique et confirme la capacité du pays à accompagner les nouvelles architectures automobiles.
Pour la filière après-vente, ces évolutions ne sont pas neutres. Des composants plus complexes impliquent des exigences accrues en matière de qualité, de traçabilité et de disponibilité. Le développement d’un tissu industriel local performant contribue directement à sécuriser l’ensemble de la chaîne, du constructeur jusqu’au marché de remplacement.
Au-delà de l’entreprise elle-même, l’investissement de Cofat à Kairouan envoie un message clair. L’industrie automobile tunisienne ne se limite plus aux zones traditionnelles. Elle s’étend, se structure et s’ancre durablement dans les régions de l’intérieur.
Ce choix renforce l’attractivité industrielle du territoire tout en répondant aux enjeux de compétitivité du secteur. Performance, proximité et montée en compétences deviennent des leviers indissociables.
Abdellah Khalil








