La Tunisie n’est plus seulement un site de production pour Visteon. Avec l’ouverture de son nouveau centre de recherche et d’innovation à Tunis, le groupe américain confie désormais au pays une part stratégique du développement des technologies automobiles intelligentes.
Ce nouveau centre rassemble déjà 200 ingénieurs tunisiens et doit monter progressivement à 500 profils techniques. Il travaillera sur les systèmes électroniques embarqués, les logiciels et les architectures qui équipent les véhicules de nouvelle génération.
Présent en Tunisie depuis 2005, Visteon franchit un cap clair. Jusqu’ici, le pays occupait une place industrielle solide dans l’organisation du groupe. Avec ce nouveau pôle, il devient un centre de conception à part entière.
Le message est assumé. « La Tunisie dispose de très bonnes compétences », a déclaré le PDG de Visteon, Sachin Lawande. C’est précisément cette expertise locale qui a motivé le choix de Tunis pour accueillir un centre à vocation mondiale.
Le site ne fabrique pas de composants. Il conçoit les systèmes électroniques, développe les logiciels et travaille sur les solutions qui pilotent aujourd’hui l’expérience à bord : interfaces, climatisation intelligente, éclairage, gestion énergétique et communication entre les différents calculateurs du véhicule.
Pour l’écosystème automobile tunisien, ce projet marque une évolution structurelle. Il confirme que le pays n’est plus cantonné aux tâches d’exécution industrielle, mais capable d’intervenir en amont, là où se prennent les décisions technologiques.
Cette montée en gamme concerne aussi l’après-vente. Les véhicules récents sont de plus en plus dépendants du logiciel et de l’électronique. Diagnostic, maintenance, mises à jour et support technique reposent désormais sur ces briques invisibles mais essentielles.
Disposer localement de compétences impliquées dans le développement de ces systèmes crée un avantage clair. Cela renforce la compréhension des produits, améliore le dialogue technique et prépare le terrain à une après-vente plus qualifiée.
Les autorités tunisiennes y voient un signal fort. Le secteur des composants automobiles compte plus de 300 entreprises, emploie près de 120.000 personnes et génère environ 3 milliards de dollars d’exportations. L’arrivée de centres R&D comme celui de Visteon renforce la crédibilité du pays sur les segments technologiques à forte valeur ajoutée.
Abdellah Khalil








