AccueilAlgérieSadek Khenteur : le digne héritier

Sadek Khenteur : le digne héritier

Date:

Bercé par l’entrepreneuriat, Sadek Khenteur a grandi aux côtés d’un père-dirigeant reconnu pour son expertise tout autant que sa réussite. Celle de son fils s’est bâtie méthodiquement, étape par étape, n’empêchant pas le jeune homme de gravir très rapidement les marches vers la gloire. À 34 ans, le voilà en patron accompli, sûr de lui, mais toujours guidé par les valeurs que lui a transmises son aîné.

Il est jeune, maître de son destin et talentueux… Sadek Khenteur a tout du cliché du golden boy à qui tout réussit si facilement. S’il y a du vrai là-dedans, la réalité est bien plus profonde, plus riche et plus intéressante. Pour lui, la vie n’est faite d’aucun échec mais seulement « de leçons et d’expériences qui, au final, nous font avancer ». Une philosophie qui fait sa force et qui a été développée, presque polie telle une pierre précieuse, aux côtés d’un père ayant valeur de référence ultime pour le fils. « J’ai eu la chance d’avoir un papa merveilleux, qui m’a toujours permis d’apprendre, en me faisant confiance tout en me challengeant » souligne-t-il. Durant son enfance, à l’heure où d’autres jouent au foot ou aux petites voitures, lui préfère traîner dans les couloirs de l’entreprise familiale et y apprend un vocabulaire peu commun. « Très petit, je connaissais déjà des termes comme client, fournisseur, chiffre d’affaires, ordre de fabrication, moules, machines, livraison, conteneur… » Pour se fondre un peu plus dans cet environnement, son père va même jusqu’à lui faire faire des costumes sur-mesure « pour faire de moi un futur chef d’entreprise » ou pour lui permettre d’assister à des évènements importants. A-t-il imaginé travailler ailleurs que chez KCA SPA ? Bien sûr que non. À l’adolescence, il poursuit son chemin. Ses vacances, il les passe à l’usine pour y découvrir le travail à la chaîne, les inventaires, la manutention avant, plus tard, de devenir chauffeur-livreur.

Petite filiale deviendra grande

Après de brillantes études supérieures lors desquelles il étudie l’ingénierie puis se spécialise en électronique embarquée, il intègre ainsi naturellement l’entreprise familiale. De façon tout aussi méthodique que pendant ses jeunes années, il forge son expérience en multipliant les missions. Après avoir débuté au commerce, il se voit confier la responsabilité des systèmes informatiques. Un poste clé dans une société qui, comme tant d’autres, avait il y a une quinzaine d’années nécessairement besoin de se moderniser. Il conçoit et implante alors un intranet puis un ERP qui permettent KCA SPA « de se mettre à niveau ». La suite va s’écrire du côté des affaires en tant que chargé des ventes puis directeur des ventes. Un poste qu’il va assumer jusqu’en 2019 avant de se consacrer pleinement à un autre projet. Car le jeune homme a de la ressource et, rappelons-le, un père qui lui fait confiance. Bien que Sadek Khenteur se soit toujours inscrit dans les pas de son aîné, il a aussi eu très tôt la volonté de prendre son indépendance. En 2014, les Khenteur créent une entité filiale, baptisée Khenteur Electric, spécialisée dans les produits électriques pour l’automobile, dont Sadek prend la tête. A 22 ans, certains se cherchent encore mais lui avance déjà, et vite. A tel point que la structure sœur va rapidement devenir une société mature, en forte croissance, capable de se faire un nom bien au-delà de son marché initial. En répondant à des appels d’offres et en séduisant de grands clients institutionnels, Khenteur Electric a élargi son champ des possibles aux univers de l’énergie, de l’hydraulique ou des carburants. Avec une identité en forme de mantra : « soutenir la supply chain de nos clients avec des solutions et des produits livrés en just in time ».

Fier de son nom… et de ses couleurs

Une notion de service client très aiguisée qui se corrèle aussi avec l’envie, la conviction même, de faire rayonner les couleurs locales. A la question de savoir ce qui le rend le plus fier, Sadek Khenteur répond du tac-au-tac : « Je me sens chanceux d’être le fils de mon père, d’être Algérien et de faire du commerce et de l’industrie dans mon pays ! » Le trentenaire porte ainsi au plus profond de lui la responsabilité d’être fidèle aux siens, à son nom et à son père, et de représenter dignement son pays. « Mon parcours s’est construit avec l’envie de préserver et de perpétuer un héritage familial, de transmettre cela à mes enfants aussi, tout en étant un représentant actif de la vie économique de mon pays. C’est un réel plaisir de contribuer au rayonnement industriel de l’Algérie, de faire partie de ce monde assez sélect qu’est l’automobile, d’avoir l’opportunité de croiser de magnifiques personnes. Ce travail m’a permis de rencontrer des gens de tous bords, dont certains sont devenus de très bons amis. » D’ailleurs, si Sadek Khenteur est un chef d’entreprise désormais averti et sûr de ses forces, l’humain demeure une préoccupation majeure pour lui, n’oubliant jamais que la bonne santé d’un business repose toujours sur celles et ceux qui y contribuent au quotidien. L’une de ses grandes fiertés est ainsi de voir grandir ses collaborateurs, quitte à les voir partir ailleurs, ce qui ne semble pas être un problème à ses yeux. « Voir nos employés nous quitter pour occuper des postes élevés est très valorisant. Ça prouve que notre entreprise est une rampe de lancement, une entité qui sait valoriser et mettre à niveau les siens pour leur permettre, à la mesure de chacun, de rendre service à la société. »

Une continuité plutôt qu’une rupture

Habile manager, fin analyste des comportements humains, Sadek Khenteur est aussi un homme bien dans son époque. Là où certains voient les nouvelles technologies et les évolutions sociétales comme un frein ou un danger, lui y voit une opportunité de grandir et de faire mieux. Pour ce dernier, les jeunes d’aujourd’hui communiquent, travaillent et raisonnent différemment avec une approche nouvelle de leur métier et de la vie en général. Pour autant « les compétences d’aujourd’hui complètent celles d’hier, dans le sens où le monde se complexifie et évolue plus rapidement… Un chef d’entreprise en 2026 a besoin d’une palette de compétences beaucoup plus large qu’il y a vingt ans. Il doit savoir parler plusieurs langues, maîtriser les outils technologiques… » Avec l’idée, derrière tout ça, d’une continuité plutôt que d’une rupture. « Ces évolutions, ces nouvelles compétences, ne remplacent pas l’expérience d’un chef d’entreprise chevronné. » Tout n’est qu’une question de lien, entre des époques, des générations et des technologies. « Derrière la notion de génération, il y a le plaisir et la fierté de recevoir mais aussi l’envie de continuer, comme par hommage à la génération précédente. Personnellement, je dois valoriser et développer ce pour quoi mon père a travaillé dur. Chaque génération fait les choses à sa manière, mais au fond il y a une transmission d’énergie et de volonté ! Plutôt qu’une concurrence générationnelle, j’y vois un amour, un respect et une continuité générationnelle ! »

Des valeurs fortes

Du haut de ses 34 ans, Sadek Khenteur sait que l’avenir lui appartient mais mesure déjà le chemin parcouru. Sans doute grâce à un environnement qui le prédisposait à grandir plus vite, à être mature plus tôt, il a su plus rapidement que d’autres prendre la mesure d’un costume qui le faisait tant rêver. « Prendre des responsabilités jeune permet d’avoir des managers chevronnés à un âge assez précoce et donc avec une efficacité redoutable, affirme-t-il. Bien sûr, les jeunes sont plus enclins à faire des bêtises ! Mais d’un autre côté, de par leurs conditions, ils créent de belles relations avec les partenaires, parfois même des synergies très soudées, rendant possible d’accomplir de très belles choses ensemble. » A ces derniers, il clame en forme de conseil de ne pas avoir peur de mal faire mais d’être courageux, prêt à tenter, quitte à échouer. A l’image de ce que lui a appris son père tel qu’être « intègre, honnête, loyal, mais aussi courageux, audacieux et combatif ». Pour conclure ce portrait intime placé sous le sceau de la filiation, Sadek Khenteur rend un dernier hommage à son aîné. « J’ai toujours évolué sous son aile. Il a été omniprésent et m’a réellement construit de A à Z en faisant de moi un chef d’entreprise accompli. Merci papa ! » Et merci Sadek pour ces confessions.

Rédaction
Rédactionhttps://www.maghreb-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

spot_img
spot_img

Articles similaires
Related

Ryan Hamrioui : la nouvelle voix d’un héritage en mouvement

Bercé par la pièce détachée, Ryan Hamrioui n’a pourtant...

Fouaz Benbott : itinéraire d’un entrepreneur engagé

Depuis ses débuts professionnels en 1996 jusqu’à la direction...

Chemseddine Talha : la jeunesse décomplexée

Chemseddine Talha incarne une nouvelle génération de dirigeants, à...