Chemseddine Talha incarne une nouvelle génération de dirigeants, à la fois héritiers d’un savoir-faire familial et résolument tournés vers l’avenir. Entre tradition assumée et modernité revendiquée, il trace son chemin avec assurance à la tête de Talha PRCA, porté par une vision décomplexée de l’entreprise et de son époque.
Il existe des destins en forme d’évidence. Celui de Chemseddine Talha se range clairement de ce côté-ci. Avec un grand-père puis un père ayant fait de la pièce détachée leur cœur de métier, comment l’itinéraire de l’héritier de la troisième génération familiale pouvait-il en être autrement ? Lui se remémore ces week-ends et ces vacances passés à accompagner son aîné au sein de Talha PRCA ou en rendez-vous. Autant de moments, autant de souvenirs, qui ont forgé sa vie d’enfant avant de construire ses rêves de futur adulte. « Pour moi, travailler dans l’entreprise familiale était une évidence. Je n’ai jamais ressenti la moindre pression de mon père pour le rejoindre. Il n’y a jamais eu aucune obligation. Je sentais simplement que j’avais ça en moi. » A tel point que ce paternel tenta bien de l’encourager à s’engager vers des études scientifiques, avant de renoncer face à la volonté de son rejeton de s’inscrire dans ses pas. Chemseddine Talha s’oriente donc vers une licence en management des affaires, qu’il obtient, avant d’intégrer « pour de bon » l’entreprise familiale.
Numéro deux à 25 ans
Si le jeune homme qui soufflera prochainement sa 31e bougie, décomplexé et bien dans ses baskets, donne l’impression que tout a été facile, la réalité s’est avérée plus complexe. « C’était difficile au début parce que mon père était réticent », rembobine-t-il. Une initiation à la dure, du genre à forger le cuir et le caractère, avec une formation accélérée, très vite payante. Chemseddine Talha encaisse, apprend, et grandit vite jusqu’à obtenir l’assentiment ultime de son paternel. « Dès lors qu’il a vu que j’étais pleinement engagé dans ce projet, et que je ne lâcherai pas, il a commencé à me faire confiance. » Et tout est devenu plus fluide. A 25 ans, il devient le véritable numéro deux de Talha PRCA, en tant que directeur général, et trouve rapidement sa place, tel un poisson dans l’eau, dans l’environnement de la pièce avec son naturel désarmant et sa confiance à tout épreuve. Fournisseurs et clients ne tardent pas à l’adopter, probablement d’abord parce qu’il est le « fils de » et ensuite assurément pour ses qualités humaines et professionnelles. L’entreprise, fondée par son grand-père en 1962, n’a plus grand-chose à voir avec celle qu’elle était à ses débuts.
Fidèle à son époque
La force de Chemseddine Talha est sans doute de ne jamais oublier d’où il vient, et d’où ils viennent, tout en ayant un regard affûté sur l’évolution de son métier. Talha PRCA avance sur deux jambes avec d’un côté de l’importation de pièces de rechange multimarques « mais de qualité, avec une stratégie portée par les marques premium », et d’un autre la commercialisation de véhicules neufs en tant qu’agent agréé Fiat. Pour gérer tout cela, le directeur général, fidèle à son époque, tente d’instiller un maximum de numérique dans son fonctionnement. ERP et datas pour la gestion des commandes, Internet et les réseaux sociaux pour la communication et le marketing, le jeune homme appui sur tous les leviers modernes pour se différencier. Avec en filigrane un dernier atout en forme de mantra : « notre nom ! Nos clients nous font confiance parce qu’on maîtrise ce qu’on fait mais aussi parce qu’on est connus et reconnus. » Si le contexte local altère quelque peu son sourire – « on manque de visibilité, on ne peut pas anticiper, faire un plan sur six mois ou un an est impossible » – Chemseddine Talha demeure toujours et pleinement concerné par son affaire. « Je sais que mes parents sont fiers de moi. J’espère rester toute ma vie à la tête de cette entreprise. Je ne me vois pas faire autre chose » conclut-il.









