Le GIPAM poursuit son engagement vers la professionnalisation du secteur et appelle à la mobilisation de tous, en prenant les sujets à bras le corps, dont son « bébé » Salamatouna. Un « bébé » qu’elle couve et fait grandir grâce à une éducation sans failles… Entretien avec Mohamed El Housni, son Président, et Haitam Khenachar, son délégué général.
C’est avec dynamisme et enthousiasme que Mohamed El Housni a reçu Rechange Maroc – comme à son habitude et même s’il a commencé l’entretien avec un regret : celui de n’en faire jamais assez ! De manière assez étonnante, alors que le Gipam se montre très actif dans l’intérêt de la filière, son Président ne se montre pas complètement satisfait : « Les actions que mène le Gipam sont celles qu’il doit faire, mais nous considérons que nous n’en faisons pas encore assez car l’association est faite pour écouter les adhérents, discerner ce qui leur manque en informations comme en communication, et plus globalement les aider, non pas traiter le problème d’un adhérent mais résoudre le problème des adhérents. Et bien que nous nous attachions à faire bien, je suis convaincu que l’on peut faire davantage ». C’est sous cet angle qu’il faut envisager les dernières démarches effectuées pour pousser plus loin encore Salamatouna. Faire toujours mieux !
Salamatouna, l’affaire de tous
Reprenant le concept initial, Mohamed El Housni appelle les professionnels comme les institutionnels à se sentir plus responsables au niveau de sa mise en application et, ce, jusqu’aux réparateurs. Et le président du Gipam de revenir à l’origine du concept initié par le Ministre de l’Industrie et du Commerce de l’époque, Moulay Hafid Elalamy : « Pour Gipam, Salamatouna que nous avons conçu avec le ministère depuis l’origine et même avant lors de discussions préliminaires, est perçu par le Gipam comme son « bébé ». Dès qu’on sent qu’il y a un laissez aller, nous multiplions les efforts pour l’améliorer. C’est ainsi que nous avons initié des réunions avec les revendeurs, parce que nous voulons non seulement poursuivre son adoption par toute la filière mais aussi que le label ne soit pas réduit aux avantages qu’il procure aux seuls importateurs. Si nous nous félicitons des avantages perçus, nous préférons revenir à l’ADN du projet, à savoir que le label Salamatouna a été conçu pour les garagistes et, in fine, pour l’automobiliste, le client final. Nous voulions que le consommateur ne se retrouve pas devant une multitude de marques dont certaines non identifiées et ne présentant pas toutes les garanties de sécurité. En clair, Salamatouna devait être le label qui définit la qualité de l’activité des revendeurs, et le respect de certaines normes pour vendre la pièce ou la revendre. Très vite, nous nous sommes aperçus que nous adresser en priorité aux garagistes s’avérait trop difficile et trop long pour obtenir des résultats, d’où la décision de cibler d’abord les importateurs. Mais, à l’origine, nous avions conçu une application pour pouvoir identifier le « garage Salamatouna » vers lequel les automobilistes pouvaient se tourner en toute sécurité. Aujourd’hui, la sécurité du process est assurée par Imanor et nous sommes en attente de moyens pour communiquer davantage sur la nécessité d’une telle démarche. Comme je le disais, nous ne voulons pas réduire le concept aux avantages qu’il donne au niveau des douanes et des contrôles des normes, nous souhaitons que ce soit un gage de qualité, de sécurité, d’identification des produits comme des professionnels effectuant un travail respectueux des normes. »
« Tous les professionnels doivent se sentir responsables »
« Tous les professionnels doivent se sentir responsables de ce qu’il se passe, et s’impliquer dans la lutte contre la tricherie et la contrefaçon, ce que promet l’obtention du label Salamatouna. C’est en cela que nous militons pour que plus d’importateurs encore réussissent leur certification en ISO 9001, mise en place pour valider plus sûrement la démarche d’accession à Salamatouna. Bien sûr, nous comprenons que pour certains importateurs, cela semble difficile, onéreux d’engager la procédure d’obtention de la norme ISO 9001, mais encore une fois, c’est le mode le plus sûr pour assurer la qualité de ses process et de ses produits. En outre, il faut considérer cette démarche comme un investissement rentable, car la plupart des entreprises ayant été certifiées ISO 9001 ont gagné en efficacité, en organisation et en process internes. Cela a généré une réduction des coûts dans plusieurs domaines et un accroissement des ventes, une qualification des personnels et la création de leviers de motivation. Les gens qui ont les moyens de le faire, doivent s’y mettre, c’est un devoir envers les autres. C’est pourquoi, nous allons continuer en 2026 à communiquer sur Salamatouna dans les différentes régions du Maroc. Je m’adresse aussi aux garagistes en leur disant : « Salamatouna, c’était destiné à toi garagiste et lutter contre la contrefaçon, c’est aussi ton devoir ». « L’idée, c’est toujours de communiquer jusqu’au garage pour que l’automobiliste puisse aller chercher un garage en toute quiétude ». Et Mohamed El Housni d’émettre un vœu : « Nous souhaitons que l’Etat nous aide davantage en réservant – par exemple – tout ce qui est marché d’Etat aux seuls détenteurs du label Salamatouna. C’est une idée, mais il y a d’autres actions que l’Etat pourrait mettre en place pour donner encore plus de poids au label Salamatouna ».
Retrouvez l’intégralité de ce reportage dans Rechange Maroc N°41





