Du 27 mars au 11 avril 2026, le Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc a une nouvelle fois investi les étendues du sud marocain, entre Merzouga, l’erg Chebbi et l’erg Chegaga, avant une arrivée finale à Essaouira. Pour sa 35e édition, l’épreuve confirme sa singularité dans le paysage automobile mondial. Ici, pas de vitesse ni de chronomètre, mais une compétition fondée sur la navigation pure, où chaque équipage doit rallier des balises en parcourant la distance la plus courte possible.
Le principe est simple en apparence, mais redoutablement exigeant sur le terrain. Sans GPS, uniquement à l’aide d’une carte, d’une règle et d’une boussole, les participantes doivent construire leur propre trajectoire dans le désert. Chaque détour est pénalisé, chaque erreur d’orientation se paie immédiatement. Dans un environnement aussi contraignant, entre dunes, oueds et plateaux rocailleux, la lecture du terrain et la capacité à anticiper deviennent déterminantes.
L’édition 2026 a réuni plus de 160 équipages, soit plus de 300 participantes, venues de profils très différents mais réunies autour du même objectif. Le parcours a alterné étapes classiques et étapes marathon, où les équipages évoluent en totale autonomie, sans assistance. Ces moments renforcent la dimension stratégique et humaine du rallye, en imposant une gestion rigoureuse de l’orientation, de l’effort et du binôme.
Le rallye se structure autour de plusieurs catégories de véhicules, qui reflètent la diversité de l’épreuve. Les 4×4 restent la catégorie phare, avec des modèles conçus pour affronter les terrains les plus exigeants. Les crossovers, dominés par les Dacia Duster, proposent une approche plus accessible, tandis que les SSV et quads offrent une expérience plus technique et physique. La catégorie E-Gazelles, dédiée aux véhicules électriques, s’installe petit à petit dans le rallye et montre que l’épreuve évolue avec son époque.
Dans la catégorie 4×4, la victoire revient à l’équipage marocain formé par Jawhara Bennani et Dounia Bennani, au volant d’un Great Wall Tank 300. Une performance marquante sur leurs terres, face à une concurrence internationale expérimentée. Elles devancent Karima Laaroussi-Mouhyi et Anne-Marie Borg, engagées sur un DENZA B5, dans un classement resté disputé jusqu’aux dernières étapes.
Dans la catégorie Crossover, Anaïs Cussigh et Noémie Drognon s’imposent au volant d’un Dacia Duster, devant Sabine Callot et Marie-Pierre Moyne, également sur Duster, tandis que Nelly Harraf et Hind Lafdel complètent le podium. Une domination qui confirme la robustesse du modèle dans ce type d’épreuve. Du côté des SSV et quads, Elisabeth Kraft et Célia Mascart décrochent la première place, devant Véronique et Alix de Sybourg, suivies d’Adélaïde Fossorier-Kergall et Céline Vega-Roiatti.
Enfin, dans la catégorie E-Gazelles, Noeline Maas Rhannou et Fairouz Laoukili s’imposent, devant Armelle Medard Lang et Cindy Ribeiro, tandis que Marie-Françoise Rabhi et Emilie Scheur prennent la troisième place. Cette catégorie est encore en train de se construire, mais elle montre bien que le rallye cherche à s’ouvrir progressivement à d’autres types de motorisations.
Au-delà des résultats, le Rallye Aïcha des Gazelles conserve une identité à part. Sans dotation financière, il repose sur des valeurs d’entraide, de dépassement de soi et de solidarité. Dans le désert, la performance ne dépend pas uniquement du véhicule, mais de la capacité du binôme à rester lucide, à s’adapter et à faire les bons choix.
Avec cette édition 2026, le rallye confirme son statut d’épreuve unique dans l’univers automobile. Une compétition où l’intelligence du parcours prime sur la vitesse, et où le désert marocain reste le véritable arbitre.
Abdellah Khalil







