Après avoir bouleversé la ligne de front France Allemagne, engagée sur l’Europe, en ouvrant délibérément la porte aux autres continents et après avoir fait s’effondrer de nombreuses frontières de genre (tous les acteurs de la mobilité et de l’aftermarket peuvent se retrouver dans le groupement), Nexus International décide d’aller encore plus loin et encore plus vite en déroulant un package d’offres aux membres de la communauté Nexus sur et pour le continent africain. Lancement en forme de congrès aux allures d’appel du 12juin ou de mobilisation générale !
« The One Africa Business Summit” by IAMaga s’est déroulé en Egypte, au Caire pour être précis, il y a deux semaines. Son objectif : mobiliser l’ensemble des membres désireux de travailler sur le Continent Africain en leur révélant qu’ils sont en retard et qu’ils ont intérêt à changer leur état d’esprit. Dit comme cela, le propos risque d’être pris pour une injonction. Ce qu’il y de plus étonnant, c’est que c’en est une ! Changer de paradigme, de point de vue, se remettre en question, casser les habitudes et les comportements mécaniques, ouvrir de nouvelles voies… Tout cela appartient bien à l’ADN de Nexus et de son Président, Gaël Escribe. Mais cette fois-ci, c’est en Afrique, le continent qui l’a vu naître ainsi que son compagnon d’armes, Martin Hendriksen (le directeur de IAMaga pour la région), pour cette campagne de sensibilisation, pour ne pas dire de mobilisation.
L’Afrique est un continent spécifique, le saviez-vous ?
Sensiblement habités par la mission qu’il se sont fixés, Gaël Escribe et son équipe ont conditionné leur offre d’aides à cette prise de conscience qui paraît désuète et qui revient sur le devant de la scène : changer sa façon d’aborder l’Afrique n’est pas une option ! Il faut dire que sur ce continent, l’Europe se fait sortir de tous les côtés, à l’image des américains qui ont cru pendant des années qu’on allait se précipiter sur leurs produits parce qu’ils étaient américains. Pour nombre d’industriels américains, la catastrophe a sanctionné l’aveuglement et la trop haute estime de soi.
C’est ce qui est en train d’arriver aux européens qui voient les chinois et d’autres nations s’installer durablement en Afrique quand nos industriels peinent à commercialiser des produits. Le constat est simple et se passe de commentaires. « On croit toujours qu’il suffit de baisser les prix des produits de 10 % ou plus selon les marchés parce que le niveau de vie est plus bas pour entrer sur ce marché. Il n’en est rien, qui plus est, cet état d’esprit renforce le pouvoir des asiatiques qui savent beaucoup mieux s’y prendre que nous en termes de produits à bas coûts ! Avec ou sans hausse des prix des containers ! c’est pourquoi Nexus International tire la sonnette d’alarme sans oublier de rappeler son origine et son ADN : « Nous avons créé IAMaga afin d’aider les membres à aborder le continent africain, grâce à une boîte à outils que l’on a construite à partir d’études précises et de collaboration avec les africains. Le continent africain est vraiment spécifique et nous allons aider les membres de la communauté Nexus à s’adapter à ces spécificités. C’est notre premier objectif. Nous voulons africaniser les mentalités et proposer les moyens de structurer une vraie stratégie adaptée, dédiée à ce continent. Voilà pourquoi, nous avons organisé le premier sommet africain qui réunit les membres de la communauté Nexus en Afrique. C’est d’ores et déjà un succès. Cependant, il est temps de prendre conscience que les industriels, les chefs d’entreprises, les groupes qui souhaitent bénéficier de la manne extraordinaire des opportunités du continent africain doivent changer de mentalité au risque de rester au bord de la route. Et on ne parle pas encore de la nouvelle route de la soie…ndlr). » Au risque de voir le groupement Nexus prendre d’autres options…
« Vous vous adaptez, ou vous sortez »
Comme nous l’évoquions, l’injonction est sans appel, et se veut surtout une alerte, comme en attestent quelques prises de position des invités du Forum : « Le positionnement prix est totalement différent par rapport à l’Europe et si l’on s’imagine qu’on peut prendre des plaquettes de frein et les vendre en discount pour inonder un marché, on se trompe totalement, ça ne marche pas. Certes le niveau du pouvoir d’achat est plus faible en Afrique et il faut s’adapter à cette situation mais ce sont les chinois qui l’ont bien compris et occupent le marché avec des pièces de qualité à prix abordables. Si les occidentaux se contentent de faire un prix discount et ne pensent pas différemment, ils perdront la batille face aux chinois qui présentent les pièces de qualité suffisante et abordables que le marché réclame. – Même si le pouvoir d’achat de la middle class commence à augmenter- il y a un grand avenir pour les compagnies chinoises ici » commente ce contrôleur de gestion longtemps en poste en Afrique. Et Gaël Escribe d’ajouter : « Il est vrai que l’on voit se dessiner un futur brillant pour les marques et les produits chinois, car ils ont compris comment cela fonctionne et nos clients sont déjà friands de leurs produits. La Chine n’a jamais eu de croissance aussi forte en Afrique que ces dernières années et elle va supplanter le Japon avec ses exportations. La Chine prend le leadership sur l’automobilisation en Afrique et vont s’assurer une croissance bien supérieure aux autres. Rappelons que la voiture de l’année en Afrique du Sud est composée de pièces chinoises. Il y a quelque temps, Martin Hendriksen et un de ses collègues se sont rendus chez l’un des leaders de l’après-vente africain qui connaît bien ce marché et qui déclare que si on continue comme cela, dans 5 ans les grands équipementiers européens auront disparu du marché africain ».
Martin Hendriksen a quand même mis un bémol sur cet avertissement, un bémol en forme d’incitation : « Nous ne sommes pas complètement perdus, parce qu’après la période du Covid, des micro-fenêtres se sont ouvertes et des acteurs se sont tournés vers l’Amérique Latine. Il y a donc des moyens de ne pas laisser les chinois prendre la totalité du marché «et il est temps d’agir, sinon, ces petites niches vont se refermer. A noter : les flottes de véhicules thermiques européens vont terminer en Afrique, elles n’iront pas à la casse mais vont intégrer le parc africain et c’est un marché qu’il ne faut pas laisser passer. »
Bougez ou nous irons voir ailleurs
C’est un peu comme cela que l’on peut interpréter les messages de IAMaga, des messages forts et d’autant plus appliqués qu’ils s’adressent à des membres du monde entier mais qui impliquent aussi les membres africains eux-mêmes auxquels Nexus International doit les mêmes accompagnements. En clair, si les occidentaux ne se mettent pas très vite à une nouvelle approche des marchés africains dotés d’un nouvel état d’esprit et forts de nouveaux outils que peut leur fournir le groupement, le groupement se devra d’aller voir d’autres offres, de sourcer ailleurs, pour que les distributeurs africaines membres de Nexus International bénéficient de produits compétitifs et de qualité. Même si pour cela il faut s’approvisionner en Chine. Gaël Escribe qui rappelle que Nexus International est très bien placé sur le continent asiatique ne laisse aucun doute sur leur capaciter à sourcer en Asie pour le bien des africains. Ce n’est pas l’objectif mais c’est une possibilité à laquelle Nexus International pourrait faire appel afin de protéger les distributeurs membres. Et Gaël Escribe de déciller les yeux des occidentaux une nouvelle fois : « Il faut bien prendre conscience que l’Afrique est un pays innovant, et cela est bien souvent méconnu. Il existe de nombreux talents qui n’attendent qu’une chose, que l’on s’intéresse à eux pour rejoindre des grandes entreprises de l’aftermarket de leurs pays ou des internationaux. Des startups innovantes éclosent en permanence, il ne faut pas les oublier. C’est ainsi que pendant deux jours, au Caire, nous nous efforçons de les mettre en lumière et de proposer des solutions innovantes qui ne négligent pas non plus l’industrie locale existante ou en devenir. » Parmi les solutions, des soutiens financiers, par exemple, ont été évoqués et bien d’autres actions à suivre.
Une série de questions réponses sera à découvrir dans le prochain Rechange Maghreb de Juillet… IAMaga sous toutes ses formes !









