Sur le salon SINAA d’Alger, Abdelhamid Bendaas, le directeur de Fajo ne cessait de recevoir clients et prospects, aidé en cela de ses deux fils Takieddine et Abderrahim, visiblement conscients de la confiance paternelle et affichant un réel intérêt pour les visiteurs. Il est vrai qu’ils avaient des choses à dire … Compte-rendu.
Nous en avions parlé après notre visite dans l’usine de Batna de Fajo, cependant il est parfois bon de rappeler quelques faits comme, par exemple, la naissance de l’entreprise fondée par Abdelhamid Bendaas, il y a 27 ans ! En clair, chez Fajo, il ne s’agit pas d’une récente diversification, mais bien d’un projet industriel concocté il y a des années et qui se poursuit, surfant sur la vague des nouvelles demandes du marché. En investissant sur la technologie, comme nous le confirme Abdelhamid Bendaas : « L’activité de Fajo se définit par la conception de solutions d’étanchéité pour les secteurs automobiles et industriels. Depuis nos débuts dans le découpage du joint, nous avons acquis de nombreuses compétences et avons réussi à ajouter à notre portefeuille produits les joints métalliques et les joints de culasse. Prochainement, nous allons produire également les joints en caoutchouc (toujours dans le cadre de l’étanchéité) pour l’industrie et l’automobile ». Et d’ajouter en souriant : « Là où il est susceptible d’avoir des fuites, nous proposons des joints d’étanchéité ! » Sa confiance dans l’avenir est inébranlable comme l’illustrent les arrivées des « enfants » dans l’entreprise : « Mes enfants m’accompagnent dans le développement de FAJO, l’un de mes fils, Abderrahim, s’occupe des ressources humaines, l’autre, Takieddine, du commerce et du marketing. Quant à ma fille, Soumia, elle est en charge des approvisionnements à l’étranger et des achats locaux. » Une saga familiale qui se construit nous plaît toujours beaucoup !
Priorité à la fabrication locale !
Même si Abdelhamid Bendaas a créé son entreprise bien avant les nouvelles règles d’importation et les incitations gouvernementales à privilégier la production locale, il n’en est pas moins sensible aux effets de cette politique, ainsi qu’il nous l’explique : « l’Etat pousse l’ensemble des opérateurs économiques à produire, soit dans le cadre de la production pure, soit dans celui du montage ou encore de la sous-traitance et c’est positif. D’autant que lorsqu’on n’importe plus des pièces qui sont fabriquées en Algérie, cela favorise les importateurs locaux. » « Cependant, ajoute le producteur de Batna, on ne s’improvise pas du jour au lendemain fabricant, surtout en produits industriels et de sécurité. On ne peut pas supprimer tous les approvisionnements du jour au lendemain, car il y a beaucoup de produits qu’on ne fabrique pas en Algérie. Par ailleurs, il faut du temps et de la préparation des institutions pour lancer la production tous azimuts, que ce soit dans la gestion des matières premières, dans la formation des personnels et des besoins en produits d’importation. Car, pour produire, nous avons besoin d’importer, d’une part des matières premières, et d’autre part, des compléments de gamme, des composants, des services et des produits autres. C’est là que résident des malentendus car sont considérés comme des produits finis destinés à la revente en état des produits qui sont des intrants* dans notre production. Je comprends qu’il soit difficile, quand on n’est pas dans la partie, d’identifier les uns et les autres, mais cela engendre des blocages et des complications. Ce sont des données qui doivent être intégrées au préalable aux décisions de régulation d’importation, afin que nous puissions produire en toute tranquillité et envisager des développements. Je dois souvent expliquer que ce que nous importons ne sont pas des produits finis mais des intrants ».
Retrouvez l’intégralité du reportage dans Algérie Rechange N° 54






