Rencontré lors d’une visite d’Algérie Rechange à l’usine familiale de fabrication de pièces électriques fondée par son père, Sadek Khenteur, fidèle lecteur du magazine a su entreprendre dans tous les sens du terme, en transformant les contraintes en atouts. De notre conversation du début d’année, nous en avons tiré un verbatim plein d’optimisme et de confiance dans l’avenir de son pays.
Diversifier l’activité par la réponse aux appels d’offre en solutions techniques
« En 2018, nous avons commencé à répondre aux appels d’offre parce que le marché de la pièce présentait trop d’incertitudes (entre autres raisons). Si nous voulions grandir, il fallait nous tourner vers une clientèle plus structurée, grands comptes ou des sociétés étatiques. C’était aussi un choix délibéré de soutenir l’effort national dans la durée, car une société nationale n’a pas le droit de s’arrêter, et surtout pas à cause d’un manque d’équipements, de pièces, de matières premières ou de services. Il y a un manque important dans le domaine des appels d’offres et j’invite les importateurs à sauter le pas et à s’engager sur la réponse aux appels d’offre. Cela suppose de l’agilité, de la souplesse et une bonne connaissance des produits. Par ailleurs, il faut former une équipe dédiée qui devra être réactive, inventive et très rigoureuse.
Chez Khenteur Electric, nous avons opté pour proposer des solutions multi-techniques aux sociétés étatiques. En clair, nous nous employons à fournir tout ce dont a besoin une société institutionnelle ou des grands comptes dans des domaines complémentaires comme la mécanique (automobile y compris), l’énergie, l’hydraulique, le Oil & gaz. Cela englobe les équipements, les outils spécifiques, les bancs de tests, les pièces électriques et mécaniques, le serrage, la transmission etc. Nous avons même ravivé notre ADN industriel (Sadek Khenteur a commencé sa carrière dans l’usine de pièces électriques familial Khenteur Composants Automobile, ndlr) en concevant des produits sur mesure adaptés aux besoins des clients. Un produit devenu obsolète, qu’on ne trouve plus, nous en redéfinissons le concept en reverse engineering, puis nous établissons le prototype, effectuons les tests et produisons les pièces ou les équipements. A cela nous avons ajouté les solutions logistiques qui permettent de livrer à temps afin de ne pas ralentir la production, ce qui signifie là encore une structuration élevée de nos services, le « just in time » étant capital dans la production industrielle. Parallèlement, nous avons ajouté des services financiers (des solutions financières) et proposons un soutien aux entreprises internationales fournisseurs pour tout ce qui est administratif, car nous effectuons une veille sur les réglementations algériennes. Tout ceci exige bien évidemment une structuration forte de l’entreprise que bien des importateurs pourraient mettre en œuvre. »
Poursuivre l’importation est capital
« Les importateurs ont tout à gagner à rendre des services à des entreprises structurées, institutionnelles et donc à la société algérienne. Et il ne faut pas voir les restrictions d’importation comme la fin d’un métier. Au risque de surprendre, je crois, au contraire, que le système des Algex a redonné des valeurs au métier d’importateur en ceci qu’il a permis de structurer le marché et d’ouvrir de nouvelles voies. J’entends souvent qu’il faut que les importateurs doivent devenir des producteurs, or je ne crois pas que pour beaucoup d’entre eux, ce soit une stratégie de croissance ni que cela serve l’intérêt général. Bien évidemment, il faut des investisseurs, des entrepreneurs, des créateurs d’industrie, cependant il est tout aussi essentiel d’avoir des entreprises capables de les aider à poursuivre leurs objectifs, en les aidant par la fourniture de ce dont ils ont besoin. Par exemple, les clients que Khenteur Electric sert régulièrement (comme Sonatrach par exemple) n’ont pas besoin que je me mette à produire, ils veulent que je leur fournisse les pièces et les équipements dont ils ont besoin à un moment précis, pour ne pas prendre du retard. Par ailleurs, comme le pays encourage la production, cela permet à de nouveaux acteurs de se lancer et de devenir des concurrents. Si l’on devait résumer, pour le pays, l’avenir est dans la fabrication de pièces de rechange, car subvenir à ses besoins est primordial pour le pays. Et aider la production est tout aussi vital. Je le répète, nous ne sommes pas là, nous importateurs, pour devenir des industriels. Je viens de l’industrie et j’admire ceux qui rejoignent ce secteur mais Khenteur Electric est une société de trading et nous avons notre rôle social à gérer, rôle qui est utile à la société algérienne, L’import-export est l’un des vecteurs de la mondialisation en termes culturels et économiques également. »
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