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Aurélie Jouve, Directrice du salon EQUIP AUTO : « La Côte d’Ivoire est considérée comme un hub régional, un hub qui réunit beaucoup d’atouts pour y implanter un salon dédié à l’après-vente automobile et à la mobilité »

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Alors qu’EQUIP AUTO se montre particulièrement conquérant et affiche de solides ambitions de développement à l’international, nous avons interviewé sa directrice, Aurélie Jouve, qui vient d’ajouter à la collection EQUIP AUTO Paris, EQUIP AUTO Lyon et EQUIP AUTO Algeria, les salons EQUIP AUTO Maroc-M.A.T.  et EQUIP AUTO Côte d’Ivoire. Cette percée sur le continent africain qui ne cache pas ses désirs d’ajouter d’autres pays à son portefeuille, cette stratégie africaine qui ne se refuse aucune autre destination, aucun autre continent, cette volonté assumée de conquête enfin débarrassée d’un sentiment d’infériorité vis-à vis de son grand concurrent, tout cela nous a poussé à en savoir plus sur le choix des nouveaux terrains de jeu de la marque. Entretien exclusif.

Coup sur coup, vous nous annoncez que deux nouveaux salons porteront la marque EQUIP AUTO, l’un à Abidjan, en Côte d’Ivoire, l’autre au Maroc avec M.A.T. Que se passe-t-il, un besoin d’internationalisation, de nouvelles de ambitions, nouvelles opportunités ?

En 2022, lors de la conférence de presse d’ouverture du salon EQUIP AUTO Paris, nous avions annoncé que nous comptions développer la marque EQUIP AUTO à l’international, c’était notre ambition, notre envie de donner un second souffle à EQUIP AUTO. Conscients que la marque majeure du secteur était présente « presque » partout, nous avons recherché les régions, les pays où ils n’étaient pas, et surtout, là où l’Aftermarket cherchait à se développer, où un salon dédié aux professionnels avait une légitimité. Nous ne voulions pas d’un pays où se tenait déjà une manifestation – sauf si les marchés sont tellement énormes et les pays si vastes qu’ils peuvent admettre plusieurs salons. Très vite, en dehors des marchés du Maroc ou de la Tunisie que nous avions déjà ciblés, il nous est apparu que l’Afrique subsaharienne était en plein développement notamment automobile et était demandeuse d’événements professionnels. Il n’y avait pas vraiment, dans cette région, de manifestation d’envergure mis à part quelques initiatives locales dans certains pays. Nous avons étudié comment les marchés se structuraient et c’est alors que nous avons rencontré Luc Azilinon qui partageait les mêmes ambitions pour la région ! Et nous avons concrétisé notre projet !

Qu’apporte la venue de nouveaux salons à la maison mère ?

Tout ce qui participe au développement de la marque contribue à l’amélioration et à la notoriété de nos manifestations. Ainsi EQUIP AUTO Paris profite de cette dynamique et nous pouvons même annoncer à plus d’un an de la prochaine édition une réservation de plus de 50 % de l’espace ! Par ailleurs, tous les salons profitent les uns des autres des expériences vécues. Avec le salon de Côte d’Ivoire, nous « testons » le BtoB et BtoC, une nouvelle configuration pour nous qui pourrait être envisagée ailleurs. Et pourquoi pas à Paris, non pas sous cette forme, parce qu’il serait contreproductif de mélanger les deux publics. De la même façon, nous avons inclus tout le domaine des infrastructures routières dans le salon d’Abidjan, en clair, le véhicules dans son environnement, un sujet qui trouvera sa place dans nos autres manifestations. Bien d’autres pistes sont à l’étude et participent à une dynamique globale très enthousiasmante.

Est-ce que vos exposants « traditionnels » vous suivent dans cette aventure ?

Nous travaillons toujours en étroite collaboration avec les exposants historiques qui nous soutiennent depuis très longtemps. Ils se sont montrés très intéressés par nos développements et nous comptons bien – à notre niveau – les aider dans la découverte de nouveaux marchés, de nouveaux acteurs, de nouveaux partenaires potentiels. EQUIP AUTO va servir certains d’entre eux – d’autres sont déjà présents – pour s’implanter sur de nouveaux marchés et pas seulement sur la Côte d’Ivoire, mais sur la région tout entière. Nous avons noté une certaine frilosité d’acteurs qui attendaient une manifestation comme la nôtre pour se lancer, et nous allons les accompagner à franchir le cap, d’autant que nous mettons à leur service une conciergerie et beaucoup de services destinés à leur faciliter l’approche.

Votre stratégie de croissance s’oriente manifestement vers l’Afrique, c’est un choix délibéré et exclusif ?

Comme je vous l’ai dit, nous cherchons des marchés dont la croissance en aftermarket appelle un salon dédié, et l’Afrique s’avérant un terrain encore vierge dans le secteur – mis à part l’Afrique du Sud – cela nous ouvre de nombreuses perspectives, en effet. A court et à moyen terme, nous misons sur l’Afrique, ceci n’obère cependant pas nos prétentions sur d’autres continents. A moyen et long terme, l’Asie nous intéresse comme certains pays d’Amérique du Sud ou même certaines régions d’Amérique du Nord. Là où il y a de la croissance dans le domaine de la mobilité, il existe des opportunités pour nous aussi. Nous n’avons pas établi de priorité et notre ambition à très court terme consiste à réussir ce qu’il y a dans notre feuille de route !

En Afrique, vous nous avez confié que plusieurs pays avaient retenu votre attention, pouvez-vous nous apporter plus de précisions ?

Comme vous le savez, la Côte d’Ivoire est considérée comme un hub régional même si d’autres pays de la région revendiquent ce titre, un hub qui réunit beaucoup d’atouts pour y implanter un salon. Juste à côté, il y a le Ghana, dont le parc automobile est beaucoup plus important que la Côte d’Ivoire et il n’est pas impossible que nous nous adressions à ce pays également. Et pourquoi pas le Sénégal ? Il y a bien des opportunités en Afrique ! Pour l’heure le marché ivoirien nous a semblé très prometteur, le pays et sa capitale apparaissent comme le poumon économique de la région. Je dois ajouter que nous avons une vision très européenne de la taille et des territoires d’Afrique et lorsqu’on parle de la Côte d’Ivoire, on ne s’imagine pas que ce pays est à peu près aussi grand que la France. Et en plein essor. Abidjan est une ville incroyable, fonctionnant à deux vitesses.

Est-ce que le pays et sa capitale sont prêts à accueillir un événement comme un EQUIP AUTO ?

En tant qu’organisateur du salon, nous n’avons pas regardé que le marché de l’après-vente automobile, mais l’ensemble des éléments dont nous avons, besoin pour réussir un salon d’envergure. Notre découverte du parc des expositions, par exemple, a été révélatrice pour nous et nous a confortés dans notre choix. Il est spacieux et doté de tous les équipements ultramodernes dont rêve tout organisateur de salons. C’est un parc qui a été rénové en 2023 et a rouvert en 2024 : il est tout neuf, moderne, dispose de salles de conférences et de formations, etc. Par ailleurs, la capacité hôtelière de la ville s’avère importante et largement suffisante pour accueillir exposants et visiteurs internationaux. Lorsque nous parlons de hub régional, de la sous-région d’Afrique de l’Ouest, pour être précis, ce n’est pas nous qui l’avons décrété, c’est ce qui est perçu par tout le monde !

Comment se répartissent vos missions entre EQUIP AUTO et Interlinks Auto de Luc Azilinon, votre partenaire dans cette opération ?

Tout d’abord, nous avons créé une société mixte à 50/50 EQUIP AUTO / Interlinks Auto, dont le siège est à Abidjan et qui est / sera composée d’une équipe permanente en charge des différents salons qu’on organisera dans la région. Je dis « est et sera » parce que nous sommes toujours en phase de recrutement de nouvelles personnes. Pour la communication et la promotion, nous nous appuyons sur Promosalons comme pour les autres salons. Une équipe d’agents nationaux et internationaux nous accompagne également en Allemagne, en Chine, en Corée du sud, au Japon, en Italie, en Turquie et en Algérie. Pour réussir un salon, il faut s’en donner les moyens, et c’est ce que nous faisons. Pour la conception du salon, nous travaillons en partenariat étroit avec Luc Azilinon qui a une grande expérience de l’après-vente automobile en Europe comme en Afrique, expérience très complémentaire à la nôtre, comme spécialiste de salons après-vente et mobilités.

EQUIP AUTO Côte d’Ivoire sera également BtoC, soit une première pour vous, comment l’envisagez-vous ? Est-ce votre expérience lyonnaise qui vous u a incité ? Est-ce une expérimentation pour d’autres salons ?

L’expérience lyonnaise comme vous dites n’est pas à l’origine de ce concept BTOC, il résulte plus d’un constat, de plusieurs constats devrais-je préciser. Tout d’abord, nous sommes convaincus, d’une part, que nous devons innover, apporter plus de créativité à chacun de nos événements et, d’autre part, partager les innovations. Les après-vente évoluent et nous devons anticiper dans nos manifestations les mutations des marchés. En côte d’Ivoire, nous avons souhaité associer, par exemple, les concessionnaires parce qu’ils sont partie prenante de l’après-vente, tout comme nous répondons aux réseaux de distribution et de réparation qui s’adressent également aux consommateurs. C’est d’une certaine manière nous adresser à l’ensemble de l’aval de la filière. Nous avons, d’ailleurs, soumis l’idée à nos clients équipementiers dont certains se sont montrés intéressés par adresser le consommateur final. C’est, je crois, dans l’air du temps et cette expérience nous servira de « test » pour d’autres salons. Comme je l’évoquais tout à l’heure, nous n’envisageons pas de mélanger des visiteurs professionnels et des consommateurs sur un salon comme EQUIP AUTO Paris, mais pourquoi pas ne pas penser à y adosser un salon grand public ? C’est une réflexion, entre autres, qui mérite que nous lui accordions du temps. Dans le même esprit, nous sommes intimement persuadés que notre rôle ne se réduit pas à soutenir les exposants dans leur activité par un salon, il se définit aussi par le partage des innovations, un partage qui s’adresse aussi aux consommateurs. Je crois que les consommateurs ont besoin d’en savoir plus sur les composants de plus en plus technologiques des véhicules et sur la mobilité en général. A nous de vulgariser et de rendre plus accessibles ces innovations avec les professionnels de l’équipement automobile. Nous aurons ainsi des professionnels et des consommateurs avides d’informations, ce qui constitue un bon mix pour l’ensemble de la manifestation. Pour les équipementiers, il devient souvent nécessaire, aujourd’hui, de faire comprendre des nouveautés et aussi des utilisations aux automobilistes qui peuvent être clients et / ou prescripteurs.

Pouvez-vous nous dire aujourd’hui quelle est la typologie des exposants de ce salon d’Abidjan ?

Nous sommes vraiment très heureux de l’accueil que nous avons reçu et des prises de commandes. Parmi les exposants internationaux, certains viennent en soutien de leurs distributeurs locaux comme Valeo ou Bosch et beaucoup viennent en direct comme KYB, Kennol, Mecafilter, Bardahl, AZ Energy, Purflux, Facom, Cojali, Dipropneu pour ne citer que ceux-ci. Pour résumer, disons que nous avons atteint 50 % de notre objectif et que nous attendons septembre avec impatience, date à laquelle beaucoup de nos contacts nous ont réservé leurs réponses ! Notamment, sur le plan local où les décisions se prennent souvent très tard. Pour autant, nous avons déjà de nombreuses réservations d’exposants locaux ou filiales nationales comme Sprint Tech, 3H (Ho Hio Hen), WinParts, Socida, Promoteon, Super Shine Coatings etc. Pour la plupart, ce sont des groupes de distribution importateurs de pièces et bien sûr des fournisseurs internationaux.

Comment est perçu le salon au niveau des institutionnels ivoiriens ?

On peut dire que nous avons reçu un accueil exceptionnel qui montre à quel point la demande est là. Pas moins de trois ministères ont tenu à parrainer l’évènement (les Transports, le Commerce et l’Industrie, l’Environnement) avec lesquels nous allons élaborer des contenus dans le cadre de conférences, de tables rondes, de séminaires … Cette confiance s’avère très gratifiante pour nous et je dois ajouter que nos échanges avec la CCI d’Abidjan nous ont confortés dans notre ambition de faire une très belle édition. Nous allons travailler activement avec eux dans la promotion de l’événement, et avec les réseaux sociaux très forts en Côte d’Ivoire.

La question qui fâche : Quel sera le salon EQUIP AUTO qui s’adressera à l’Afrique, qui portera les couleurs ?

La réponse est simple : tous ! Il n’y a pas un salon EQUIP AUTO qui sera plus destiné qu’un autre à s’adresser à l’Afrique. Mais tous peuvent y prétendre. Chaque salon a d’abord comme mission principale de répondre aux besoins de son marché national. Et chaque salon affiche sa différence, on ne peut pas comparer, par exemple les marchés d’Afrique du nord avec ceux de l’Afrique subsaharienne. Parallèlement, tous affichent des offres différentes qui peuvent intéresser tel ou tel marché d’Afrique. Il ne s’agit pas de compétition mais bien d’une complémentarité d’image et d’expériences qui sera profitable à tous dans leur développement propre. Notre ambition chez EQUIP AUTO et elle est modeste, consiste à faire grandir du mieux que l’on peut ces écosystèmes qui se développent. Pour cela nous sommes très heureux des partenariats que nous avons tissés avec le Gipam et Mohamed El Housni au Maroc et avec Interlinks Auto et Luc Azilinon. Nous vous attendons tous sur ces nouvelles manifestations !

Propos recueillis par Hervé Daigueperce

Rédaction
Rédactionhttps://www.maghreb-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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