Du premier fabricant algérien de plaquettes de frein à l’importation, puis au retour progressif de la production locale, l’histoire de la famille Bouzidi épouse celle de toute la rechange automobile en Algérie. Chez TECAUTO, Hichem Bouzidi défend une vision forgée par plusieurs décennies de marché : s’adapter aux changements sans jamais perdre de vue les fondamentaux du métier.
Il suffit parfois d’une anecdote pour comprendre toute l’histoire d’une entreprise. Chez TECAUTO, cette histoire commence bien avant les conteneurs, les catalogues électroniques ou les plateformes de commande en ligne. Elle débute dans les ateliers de fabrication, à une époque où la famille Bouzidi produisait déjà des pièces de rechange en Algérie. Hichem Bouzidi appartient aujourd’hui à la troisième génération, tandis que son fils s’apprête à reprendre le flambeau. Entre les deux, une même passion pour la pièce automobile, mais aussi quatre époques radicalement différentes.
Son père occupe une place particulière dans cette histoire. Il fut le premier à fabriquer des plaquettes de frein en Algérie. Puis est arrivée l’ouverture du marché. Les pièces importées sont progressivement devenues moins coûteuses que celles fabriquées localement, poussant de nombreux industriels à revoir leur modèle économique. Comme beaucoup d’autres, la famille Bouzidi a alors pris le chemin de l’importation. Ce n’était pas un renoncement à l’industrie, mais une adaptation aux réalités économiques du moment.
Aujourd’hui, le marché vit une nouvelle transition. Les règles d’importation se sont durcies, les procédures se sont allongées et l’ensemble des importateurs évolue dans un environnement beaucoup plus contraint. Pour Hichem Bouzidi, il ne sert pourtant à rien de se considérer comme une exception. « Nous vivons tous la même situation », explique-t-il. Les difficultés touchent l’ensemble des secteurs dépendants de l’importation, bien au-delà de la seule pièce de rechange.
Cette nouvelle donne s’exprime par des approvisionnements plus complexes, une baisse du chiffre d’affaires et des tensions sur la disponibilité des produits. Dans ce contexte, TECAUTO a choisi de concentrer tous ses efforts sur son portefeuille historique. L’entreprise ne cherche plus à conquérir de nouveaux marchés ; elle préfère sécuriser l’approvisionnement de ses clients de longue date. « Nous essayons déjà de répondre à la demande de nos clients fidèles. Nous n’acceptons plus de nouveaux clients », résume Hichem Bouzidi. Une stratégie assumée qui privilégie la fidélité à la croissance.
Cette philosophie explique également pourquoi le digital ne constitue pas aujourd’hui une priorité. Pour beaucoup d’entreprises, le commerce en ligne est un levier de développement commercial. Chez TECAUTO, la logique est différente. Développer une plateforme numérique n’aurait de sens que si les stocks permettaient de répondre à une demande supplémentaire. Or, lorsque les disponibilités restent limitées, aller chercher de nouveaux clients reviendrait à fragiliser ceux qui accompagnent l’entreprise depuis parfois trente ans. Pour Hichem Bouzidi, la relation commerciale ne se résume pas à une transaction ; elle s’inscrit dans la durée et repose sur une forme de responsabilité vis-à-vis de ses partenaires.
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