En avant-première, l’ouverture de notre numéro spécial « Jeunes Managers »
Recevoir ne suffit pas. Encore faut-il comprendre, transformer et transmettre à son tour. Entre fidélité aux valeurs fondatrices et volonté d’inventer leur propre trajectoire, ces jeunes dirigeants que vous retrouvez dans ce numéro incarnent une relève qui conjugue héritage familial et vision d’avenir.
Est-ce une faiblesse ou un réflexe, toujours est-il que l’homme avec un grand H a toujours tendance à aller au plus simple, au plus court, au plus facile. Dresser le portrait de jeunes managers, de surcroît issus de longues lignées d’entrepreneurs, des aînés tous aussi brillants qu’inspirants, relève ainsi du casse-tête éditorial. Ils ont 20, 30 ou 40 ans et semblent avoir tout pour eux. Le bon berceau, le bon réseau, l’argent, la réussite facile, des pères pour les protéger, des parrains pour les faire avancer… La liste est longue mais elle relève davantage d’une litanie de préjugés que d’un éventaire bien étudié. Et c’est là que le casse-tête devient une formidable chance. Car on peut avoir grandi dans le confort sans être pour autant un sale gosse. On peut avoir un destin tout tracé sans ne pas douter de son avenir. On peut être un héritier sans être un futur despote. L’arrogance et la suffisance ne sont pas l’apanage des classes supérieures. Derrière des noms, se cachent aussi des personnalités d’une profondeur sans fin, d’une finesse et d’une intelligence rare, d’une humilité à faire taire les « on-dit ». En se lançant dans cette série de portraits consacrés à la relève de la rechange, nous voulions mettre en lumière ceux qui ont de la valeur et déconstruire toutes ces fâcheuses idées reçues.
Chacun son chemin
Au travers de ces trajectoires, c’est la richesse d’un univers, d’une société et d’un monde dans sa globalité qui rayonnent. Si chacun cultive sa propre histoire, tous ont pour point commun d’avoir très tôt baigné dans l’entrepreneuriat familial. Deux notions souvent lourdes de sens car tantôt inspirantes et tantôt inhibantes. Pour quelques-uns, ce fut rapidement une évidence. L’avenir était tout tracé, l’objectif bien identifié et le cheminement jusqu’à lui allait être méthodique. A l’inverse, d’autres ont longtemps regardé ça de loin, se disant que ce n’était pas fait pour eux, parce que trop éloigné de leurs aspirations, trop lourd à porter, ou parce qu’il était encore trop tôt pour se projeter. Entre les deux, une zone faite d’interrogations, d’incertitudes, de peurs, d’envies inavouées, de désirs qui manquaient alors de maturité… Tous ces tourments peuvent s’apparenter à des barrières que ces jeunes managers ont su briser. Grâce à leur entourage et à leur force de caractère, ils se sont formés, ont voyagé, se sont enrichis au gré des cultures et des rencontres, ont affiné leur projet tout autant que leurs idées, jusqu’à prendre la mesure de leurs rêves. Ils sont devenus, in fine, ces dirigeants qui font déjà et feront encore plus l’aftermarket du Maghreb.
Fidèles à leur passé, concentrés sur leur futur
Dans un monde comme celui-ci qui évolue à vitesse grand V, il faut des esprits éclairés, alertes, et ouverts sur la nouveauté pour rester en haut de l’affiche. On dit que l’histoire est un éternel recommencement. On pourrait corriger cela en disant qu’elle est une perpétuelle continuité. Ainsi, la brique d’aujourd’hui vient compléter celle posée hier et sera elle-même complétée par celle que la génération suivante posera à son tour. Tout se suit, rien ne s’efface. Ces jeunes managers ont compris que passé et futur peuvent, et doivent, se conjuguer ensemble. Qu’ils soient pleinement soutenus par leurs ainés ou qu’on leur laisse la liberté d’avancer, tous revendiquent leur héritage familial et les valeurs qu’on leur a transmises, mais aussi ce besoin d’évoluer, d’innover et de s’inscrire dans les tendances qui redéfinissent la rechange. Alors, de Farid à Sadek, en passant par Fouaz, Chemseddine, Amir, Ramzi et Ryan, nous tenions à leur dire merci. Leur confiance, leur temps et la profondeur de leurs témoignages sont autant de précieux cadeaux qui cassent les préjugés et éclairent l’avenir de la profession.
Julien Nicolas









