Interrompant avec ses fils leur activité pour nous recevoir, M. Kadri, fondateur de BRIKS nous a raconté l’histoire étonnante et passionnante de la création de son usine de plaquettes de frein. Une création pour laquelle il a tout risqué mais dont, aujourd’hui, il peut être fier. Histoire vraie !
Les grandes aventures humaines continuent de passionner et je suis convaincu que celle-ci séduira si tant est que l’on puisse bien rendre compte de l’incroyable détermination de M. Kadri le fondateur de l’usine de production de plaquettes de freins Bricks, acronyme qu’il nous explique avant de relater son aventure : « lorsqu’il a fallu donner un nom à la société, j’ai pensé à Brakes (frein en anglais, ndlr) qui m’a donné les deux premières lettres puis j’ai ajouté Industry et enfin, le K de Kadri. Puis, j’ai enfin mis le s pour Sarl et cela a constitué le mot BRIKS, qui sonne presque comme Brakes. Cela présente l’avantage d’être facile à retenir ! » Voilà pour la partie la plus facile de l’histoire d’une société qui a vu le jour en novembre 2023 enfin presque, parce qu’auparavant il a fallu mener un parcours de combattant que peu de professionnels auraient su gérer avec autant d’acharnement. Un parcours initié par quelqu’un dont l’expérience se basait plus sur l’exigence professionnelle que sur la technique industrielle, une spécificité qui explique peut-être pourquoi la naissance a pris beaucoup de temps pour des fondations solides et des produits de qualité.
A l’origine, la volonté de construire
Avant de se lancer dans l’industrie, M. Kadri avait fait ses preuves dans le domaine du freinage dont il importait des disques depuis 25 ans pour le marché algérien. En effet, après 10 ans passés en France dans le Pas de Calais (nord de la France, ndlr) M Kadri a créé deux sociétés d’importation à Oran pour différents produits avant de se spécialiser au final dans le domaine de freinage, en disques de frein. Pourtant, lorsqu’il se décide à passer à la fabrication, ce n’est pas la famille de produits à laquelle il pense tout de suite. Dans son idée, juste avant le Covid, il lui paraissait judicieux d’ouvrir une usine dédiée au polypropylène, une direction qu’il doit abandonner car il ne peut pas importer les machines en pleine pandémie. C’est alors qu’il s’est posé la question du : « et pourquoi pas le freinage ? » Un choix auquel adhèrent ses fils qui vont le suivre et mettre toute leur énergie pour le soutenir. « Alors, on s’est lancé », nous confie-t-il sobrement avant de poursuivre : « J’avais le terrain, et la volonté de construire ma propre usine. Cependant, je voulais fabriquer des produits de qualité et pour ce faire, j’ai entrepris de tout valider. J’ai commencé des recherches qui ont duré presque 2 ans et demi pour étudier les technologies, puis 6 mois encore pour trouver la bonne matière première. Cela semble long mais si l’on ne trouve pas le bon fournisseur en poudre de friction, on risque d’obtenir des plaquettes de frein qui font du bruit, comme c’est arrivé à d’autres opérateurs. Je sais que j’ai perdu deux à trois mois pour obtenir ce que je voulais, mais c’est ce qui fait la différence aujourd’hui. J’ai même fait faire des tests dans les voitures ! D’ailleurs, lorsque les machines sont arrivées, et après avoir testé les machines elles-mêmes, on s’est employé à tester aussi les matières premières jusqu’à ce que j’obtienne la certitude que nous avions fait le bon choix ! J’ai même dû payer mes employés pendant ce temps-là parce qu’ils ne pouvaient pas encore travailler ! Quant aux machines et aux équipements, j’ai commandé auprès des allemands pour certains et des chinois pour d’autres. Lorsqu’on a reçu les machines, les experts allemands sont venus les mettre en route et former nos techniciens et ingénieurs à ce type de machines. Les chinois ont fait de même et nous avons effectué tous les contrôles qualité de cisaillement, de températures, etc. Au final, j’ai commandé des machines auprès de 5 usines, toutes certifiées et le fournisseur de poudre de friction l’est aussi ! Sans compter que j’ai recruté plusieurs ingénieurs en électromécanique et en contrôles qualité, des personnes très compétentes qui forment, au fur et à mesure, les nouveaux qui viennent compléter les équipes de 48 personnes. Nous avons commencé avec 28 personnes et nous continuons à recruter ! »
Retrouvez le reportage complet dans notre prochain numéro d’Algérie Rechange (distribué sur Equip Auto Paris)





