Après les conférences du One Africa Business Summit, IAMaga nous a emmenés à Jedeida, dans l’outil industriel de Misfat Filtration. Des filtres d’habitacle aux lignes d’assemblage, du laboratoire à l’emboutissage du métal, nous avons parcouru les différentes unités d’un site où automatisation et travail humain continuent de se partager la production.
Direction Jedeida, à quelques kilomètres de Tunis. Après avoir parlé marché, distribution et logistique pendant le One Africa Business Summit, changement d’échelle : cette fois, nous allons voir comment naît le produit. La visite débute par Misfat 3, unité construite en 2017 et consacrée notamment aux filtres écologiques à huile, aux filtres à air et aux filtres d’habitacle.
Première surprise sur les lignes destinées aux filtres poids lourds : les 18 stations peuvent travailler indépendamment les unes des autres. Une référence peut donc être produite sur un poste pendant qu’une autre sort de la station voisine. Une organisation pensée autant pour la cadence que pour la diversité des références.
Cette recherche de flexibilité se retrouve un étage plus haut. Pour les filtres d’habitacle, Misfat associe lignes automatiques et semi-automatiques. Les premières enchaînent les différentes opérations de préparation, mise en forme et découpe du média filtrant et prennent en charge les productions en grande série. Les secondes font davantage intervenir les opérateurs et permettent de s’adapter aux références particulières ou aux volumes plus réduits.
L’usine automatise beaucoup, sans chercher à faire disparaître les mains. C’est l’une des images qui restent de la visite : robots et opérateurs se succèdent selon ce que réclament la cadence, la référence ou la complexité de l’opération.
Une « salle grise » et 100 bars au laboratoire
Toujours dans Misfat 3, nous entrons dans la « salle grise ». Certaines références de filtres à huile y sont fabriquées dans un environnement où plusieurs paramètres, notamment la température et l’humidité, sont contrôlés afin de respecter les exigences fixées par les clients.
À proximité, le magasin de matières premières fonctionne, selon les explications données sur place, avec un stock maximal d’environ trois mois. À l’autre bout de la chaîne, Misfat s’est doté récemment d’un dépôt logistique de 20.000 mètres carrés pour ses produits finis, situé à une vingtaine de minutes de l’usine.
Avant de poursuivre vers Misfat 2, nous passons par le laboratoire. Ici, le filtre n’est plus fabriqué : il est mis à l’épreuve. Plusieurs bancs permettent de mesurer ses performances selon son application. Nous observons notamment des essais de durée de vie, d’efficacité de filtration ou encore de séparation de l’eau pour les filtres à carburant.
Un autre équipement teste la résistance sous pression, jusqu’à 100 bars sur le banc qui nous est présenté. Plus loin, les filtres d’habitacle sont évalués face à des particules pouvant descendre jusqu’à 0,3 micron, mais aussi selon leur perte de charge et leur capacité de rétention. Les filtres à air moteur et industriels disposent eux aussi de leurs moyens de contrôle, avec notamment la mesure de l’efficacité fractionnelle.
Derrière ces équipements travaille également la R&D. Misfat nous indique disposer d’une vingtaine d’ingénieurs dédiés à ces activités. Avant de rejoindre un carton, le filtre doit donc passer par les chiffres.
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