Confrontée à la transformation du marché automobile algérien, l’entreprise spécialisée dans les lubrifiants et fluides automobiles accélère son passage vers la fabrication locale. Une évolution stratégique qui doit lui permettre de sécuriser son activité et d’accompagner la structuration d’une filière nationale.
Les temps changent et les entreprises s’adaptent. Pendant près de vingt ans, Kadiri Lubrifiants a construit son développement sur un métier essentiel à la rechange automobile : l’importation et la distribution de lubrifiants, additifs, liquides techniques et produits d’entretien destinés aux professionnels. La société algérienne s’est progressivement imposée comme un acteur reconnu de son marché en s’appuyant sur un réseau de distribution couvrant le territoire national et sur des partenariats avec plusieurs fournisseurs internationaux. Mais son modèle historique est aujourd’hui confronté à de nouvelles réalités. En Algérie, l’évolution du cadre réglementaire concernant les importations a profondément modifié les conditions d’exercice des entreprises du secteur. Difficultés d’approvisionnement, allongement des délais administratifs et réduction du nombre de références disponibles ont obligé les professionnels à repenser leurs stratégies. Pour Kadiri Lubrifiants, ces contraintes ont constitué un accélérateur de transformation. « Nous sommes présents sur le marché algérien depuis près de 20 ans et avons su nous adapter aux évolutions du secteur. Ces dernières années nous ont amenés à revoir notre modèle économique et à accélérer notre stratégie d’industrialisation afin de renforcer notre position sur le marché », explique Amine Kadiri, directeur général de l’entreprise.
De l’importation à la production : une évolution devenue incontournable
La mutation engagée par Kadiri Lubrifiants ne correspond pas à un simple changement d’activité. Elle traduit une volonté de participer au développement d’une industrie automobile locale capable de répondre aux besoins du marché tout en réduisant la dépendance aux approvisionnements extérieurs. L’entreprise a ainsi progressivement diversifié ses activités pour passer du statut de distributeur à celui d’industriel. Cette mutation s’est accompagnée du développement de nouvelles gammes de produits, du renforcement des partenariats internationaux et de l’acquisition d’équipements industriels destinés à la fabrication de fluides automobiles. La première étape de ce programme est désormais concrétisée avec la production locale de liquides de refroidissement automobiles. « La première phase, consacrée à la fabrication des liquides de refroidissement automobiles, est finalisée et nous sommes déjà en production avec un plan de charge assez important », abonde Amine Kadiri. L’entreprise revendique également être le premier opérateur à fabriquer des produits OEM dans cette catégorie en Algérie. Cette montée en puissance industrielle doit se poursuivre. Les prochaines étapes concernent la fabrication des lubrifiants et des graisses automobiles, deux segments stratégiques pour la rechange. Pour accompagner ces développements, Kadiri Lubrifiants s’appuie sur des partenaires européens spécialisés dans les matières premières, les équipements industriels et le transfert de savoir-faire. L’ambition affichée est double : répondre aux besoins du marché national et préparer une ouverture vers les marchés africains et régionaux. « Notre objectif est de couvrir une part significative du marché national et de développer nos exportations vers les marchés africains et régionaux », précise encore le dirigeant. Cette stratégie illustre une tendance observée dans plusieurs secteurs industriels algériens : face aux contraintes sur les importations, les entreprises cherchent désormais à créer davantage de valeur localement en développant leurs capacités de production.
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