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Avant-Première : lancement à Casablanca du 3e hub mondial de démolissage industriel de véhicules de Stellantis-SUSTAINera

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Décidément, le Maroc n’en finit pas d’innover en termes de développement durable et d’économie circulaire et, ce, dans le cadre d’une démarche environnementale mondiale. C’est ainsi que nous est apparue l’annonce de l’ouverture proche (avril 2026) du 3e hub de démolissage mondial de véhicules, conçu par l’entité économie circulaire de Stellantis, SUSTAINera (Circular Economy Dismounting Hub). Casablanca devient, après les hubs de Turin et du Brésil, la troisième plateforme de démolition et recyclage des pièces et matières au monde et la première dans la région MEA, Middle East – Africa. Pourquoi le Maroc, alors que le constructeur est présent dans le monde entier ? « Ce n’est pas un hasard, » commente Younes Akik, le directeur général du Business Devlopment Economie Circulaire de la région MEA pour Stellantis, « Le Maroc s’impose en tant qu’écosystème automobile incomparable en Afrique pour le Groupe. Non seulement, nous disposons au Maroc d’une usine de fabrication de véhicules et d’un centre de Recherche et de Développement, mais aussi du siège social de toute la région à Casablanca. Toutes les opérations commerciales et aftersales du Maroc sont à Casa. Cette position s’avère ainsi un facilitateur de business extraordinaire auquel nous apportons une nouvelle brique avec notre centre de démolissage et de recyclage. Nous bouclons le cycle de la conception du véhicule à son démantèlement et au recyclage des pièces. Dans un futur proche, nous ajouterons la valorisation des matières. Avant tout, nous sommes, chez Stellantis, responsabilisés sur le fait de produire « propre » et en priorité avec de la matière recyclée et/ou recyclable. C’est une part essentielle de la stratégie du Groupe. »

Une démarche de professionnalisation dans le recyclage

Si la réutilisation des matières est ancrée dans la culture africaine en général, son manque d’organisation structurée l’est aussi, comme dans de nombreuses régions du monde. Younes Akik nous le confirme : « L’offre de pièces de réemploi existe au Maroc depuis toujours, mais elle se situe en majorité dans l’informel. La demande en pièces d’occasion existe bien, mais l’offre ne répond pas aux besoins des assurances et des professionnels en pièces de réemploi. C’est pourquoi, Stellantis dans le cadre de SUSTAINera a lancé ce projet d’usine de démantèlement. Il s’agit de process industriels reconnus, de standardisation des tâches, de méthodes de travail de contrôles identiques partout et certifiées. Nous appliquons le lean manufacturing standardisé. Nous ramenons les véhicules ici et nous les traitons de manière industrielle et dans le respect des normes environnementales et des process industriels. C’est en ceci que Stellantis apporte de la valeur ajoutée au recyclage, au re-use, en apportant la professionnalisation d’une activité et en fournissant des pièces de qualité, traçables et identifiées. »

Un process industriel et une traçabilité OEM

Pour pouvoir démonter dans les normes les véhicules hors d’usage, il faut encore les récupérer ! Trois sources viennent s’agréger pour alimenter le site. Tout d’abord, les véhicules de la SNTL (de l’Etat), et ceux envoyés directement par les assurances et les particuliers. Là débute un process en trois temps comme nous l’explique Jalal Ouassou, General Manager Circular Economy Dismouting en charge du site de production : « En tout premier lieu, nous effectuons une mise en sécurité de l’épave, suivie immédiatement par une étape de dépollution (évacuation des huiles et des différents liquides), puis interviennent les lignes de désassemblage. Pour cette dernière partie, nous avons déjà une liste de pièces qu’on souhaite récupérer à l’aide d’un ERP similaire à celui des casseurs. L’objectif étant d’arriver à une sélection des pièces que l’on souhaite revaloriser. De là, nous passons au nettoyage, au référencement, nous prenons des photos des pièces détachées avant de les proposer. Ce process est effectué par souci de transparence (nous utilisons l’IA pour prendre en photo la pièce dans sa globalité). »

L’autre avantage de SUSTAINera vient de son rapport avec la première monte. Ainsi que nous l’explique Jalal Ouassou « Notre arbitre, c’est l’OEM ! Dans l’objectif de travailler industriellement, l’identification des pièces et leur traçabilité est essentielle et nous différencie des casseurs. Nous nous appuyons sur le code VIN et les références OEM pour éviter toute ambiguïté et erreur d’expédition. Pas de de retour ni de risque de commande erronée pour le client, c’est ce que nous offre cette démarche. »

Vers un catalogue de pièces de réemploi en pool avec Auto24 et Distrigo

L’usine emploiera à son commencement une cinquantaine de personnes pour atteindre rapidement les 150 employés répartis en trois huit. Les pièces détachées prêtes pour la vente seront réparties sur deux niveaux de 1100 m ² chacun et leur gestion opérationnelle assurée en connexion avec les vendeurs. Ceux-ci relèvent à ce jour de trois catégories. « Nous nous appuyons sur trois niveaux de commercialisation, dans le cadre de notre stratégie « Go to market » commente Younes Akik, « en 100 % digital avec notre partenaire Parts24 (autos24 ; voir notre article dans Rechange Maroc numéro 41) et -B-Parts, en phygital avec une start-up Piyes.com et bien sûr en physique sur nos plateformes Distrigo ».

Tout semble très bien paramétré et nous avons voulu en savoir plus en demandant si le remanufacturing constituait la deuxième étape. En souriant Jalal Ouassou nous répond : « Le marché du ReUse à un niveau professionnel s’avère très nouveau et notre objectif consiste justement à mettre en œuvre des process industriels pour le démolissage des véhicules et la valorisation des pièces. Cela va déjà nous occuper un certain temps ! En outre, ce qui fonctionne très bien en Europe n’est pas forcément en phase avec notre marché. Ainsi, pour les moteurs, les garagistes ne souhaitent pas que nous intervenions dessus. Ils préfèrent acheter le moteur en l’état et effectuer eux-mêmes la rénovation complète, car c’est plus rentable pour eux et aussi plus sûr d’après eux ! En effet, le garagiste ne veut pas engager sa responsabilité sur un moteur rénové ou remanufacturé par quelqu’un d’autre, même si c’est dans le cadre d’un process industriel. Par ailleurs, nous ne sommes pas en mesure, à l’heure actuelle, de remanufacturer des organes issus de véhicules autres que ceux de Stellantis. »

A ceci s’ajoute un nouveau commentaire de Younes Akik : « Notre objectif, au-delà de monter un site de traitement des véhicules hors d’usage, se veut plus ambitieux. Nous voulons créer une succes story au Maroc qu’on voudrait voir se développer dans d’autres pays de la région MEA (Moyen-Orient-Afrique) avec des velléités d’exports. »

Hervé Daigueperce

Rédaction
Rédactionhttps://www.maghreb-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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