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Achraf El Housni « La légitimité se construit, elle ne se décrète pas »

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Extrait de Rechange Maghreb « Jeunes Managers »

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Fondée en 1971, COPIMA est avant tout une entreprise de distribution de pièces de rechange qui s’est construite dans la durée, en accompagnant les évolutions du parc et des besoins du marché marocain. Historiquement positionnée sur la pièce moteur, l’entreprise a progressivement élargi son offre pour couvrir aujourd’hui l’ensemble des familles de pièces, aussi bien automobiles, agricoles qu’industrielles.

Le développement de l’activité d’importation à partir de la fin des années 80, avec un tournant structurant en 1989, a permis à COPIMA de bâtir un réseau solide à l’échelle nationale, en s’appuyant sur des partenaires industriels de premier plan et une base de revendeurs avec lesquels la relation s’est construite sur le long terme.

Cette histoire reste centrale. Elle repose sur une logique de proximité, de continuité et de respect de l’écosystème qui a porté la croissance de l’entreprise. Depuis les années 2000, COPIMA maintient une trajectoire de développement soutenue, avec une croissance régulière à deux chiffres.

Aujourd’hui, sans remettre en cause ses fondamentaux, l’entreprise fait évoluer son positionnement. La distribution reste le cœur du métier, mais s’inscrit désormais dans une réflexion plus large autour des solutions de mobilité. L’objectif n’est pas de rompre avec le modèle existant, mais de l’enrichir progressivement, en intégrant davantage de services et en accompagnant les transformations du secteur. Nous comptons actuellement 200 collaborateurs.

Quelles sont vos principales fonctions aujourd’hui ?

Aujourd’hui, mes fonctions s’articulent autour de trois axes principaux.

Le premier concerne la relation avec les fournisseurs et la lecture du marché. Mon rôle est de faire le lien entre les dynamiques internationales du secteur — qu’elles soient technologiques, industrielles ou commerciales — et les spécificités du marché marocain. Cela implique à la fois d’anticiper les évolutions et de défendre une lecture locale pertinente auprès de nos partenaires.

Le deuxième axe est lié au pilotage et au développement de l’entreprise. Dans un cadre familial, nous partageons les responsabilités avec mon frère, avec une répartition naturelle entre l’opérationnel et la projection. De mon côté, je suis particulièrement impliqué dans la structuration des processus, notamment à travers le management de la qualité que nous avons renforcé ces dernières années, avec un objectif clair : rendre l’organisation plus lisible, plus robuste et capable d’absorber la croissance.

Enfin, j’interviens sur des fonctions transverses qui sont au cœur de la performance du modèle : le développement commercial en lien étroit avec les achats, l’optimisation des flux d’importation et d’approvisionnement, ainsi que la dimension humaine. Sur ce dernier point, l’enjeu est d’aligner les équipes avec les transformations engagées, pour que la technologie et les outils viennent renforcer les compétences, et non les contraindre.

Depuis quand êtes-vous dans l’entreprise et quel a été votre parcours ?

J’ai rejoint l’entreprise en décembre 2013, à l’issue de mon parcours académique.

Celui-ci a été volontairement construit dans des environnements différents. Après un début de scolarité en système bilingue, j’ai poursuivi dans le système français avec l’obtention d’un baccalauréat français, avant d’intégrer une université anglo-saxonne à Al Akhawayn à Ifrane, où j’ai suivi un cursus en finance avec une spécialisation en marketing. Ce passage par des systèmes éducatifs variés m’a permis de développer une certaine capacité d’adaptation et une ouverture sur différentes façons d’aborder les problématiques.

En parallèle, j’ai cherché à me confronter au terrain le plus tôt possible, notamment à travers des expériences à l’étranger, pour sortir du cadre purement académique et comprendre des environnements professionnels différents.

Avec le recul, je considère que le rôle du parcours académique est avant tout de structurer une manière de penser et d’apprendre. La véritable formation commence ensuite sur le terrain. C’est au contact du métier, des équipes et des réalités opérationnelles que l’on construit ses repères et sa capacité à prendre des décisions.

Depuis mon arrivée, mon parcours s’inscrit donc dans une logique d’apprentissage continu, directement ancrée dans les enjeux de l’entreprise et de son évolution.

Avez-vous été immergé très tôt dans l’entreprise (jobs d’été, etc.) ?

Oui, très tôt, mais plus par exposition que par contrainte.

Nous avons grandi dans un environnement où le travail faisait partie du quotidien. Il n’y avait pas d’obligation formelle, ni de rôle imposé, mais une présence régulière dans l’entreprise, notamment pendant les périodes de vacances. L’objectif n’était pas de nous faire travailler au sens strict, mais de nous familiariser avec un environnement, des échanges, une culture.

Avec le recul, cette approche a été déterminante. Elle permet d’apprendre sans pression, simplement en observant. On s’imprègne des comportements, des relations humaines, des responsabilités, souvent de manière inconsciente.

Cette immersion progressive a facilité ensuite l’intégration opérationnelle. Le cadre n’était pas nouveau, les codes étaient déjà assimilés.

C’est une forme de transmission différente, plus naturelle, qui laisse le temps de construire sa propre relation au travail, tout en restant connecté à l’entreprise.

Avez-vous toujours voulu rejoindre l’entreprise familiale ?

Je ne dirais pas que c’était un choix formulé très tôt de manière consciente. C’est plutôt une évolution naturelle.

En ayant été exposé dès le plus jeune âge à l’entreprise, on développe progressivement une forme de familiarité, puis un sentiment de responsabilité. Sans contrainte, mais avec une présence constante, l’environnement devient évident, presque intuitif.

Avec le recul, ce n’est pas tant une décision tranchée qu’une continuité. L’entreprise fait partie du cadre dans lequel on grandit, et à un moment donné, la question n’est plus vraiment « est-ce que je rejoins ? », mais plutôt « comment est-ce que je m’inscris dedans ? »

Ce qui est intéressant, en revanche, c’est que cette continuité s’accompagne d’un vrai défi. Rejoindre une structure existante, avec son histoire et ses équilibres, implique de trouver sa place, d’apporter sa contribution et, progressivement, de la faire évoluer sans la dénaturer.

C’est là que la démarche devient personnelle.

Retrouvez l’intégralité de cet article dans Rechange Maghreb numéro 6

Rédaction
Rédactionhttps://www.maghreb-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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