Extrait de Rechange Maghreb « Jeunes Managers »
Présentez-nous votre entreprise
SCAPIR, Société Casablancaise de Pièces de Rechange, est un acteur incontournable de la distribution de pièces détachées automobiles et poids lourds au Maroc depuis 1987. Basée à Casablanca, l’entreprise propose plus de 35.000 références couvrant les voitures légères, les utilitaires et les poids lourds, avec des marques partenaires de premier plan comme Bosch, MAHLE, Sachs, Valeo, etc. Grâce à un entrepôt de 10.000 mètres carrés, nous assurons une disponibilité constante et des délais de livraison optimisés sur l’ensemble du territoire national.
Vos principales fonctions ?
Je pilote l’ensemble des activités du groupe : stratégie commerciale, gestion opérationnelle, développement des partenariats fournisseurs et modernisation des outils internes. Mais je tiens à préciser que je reste très présent sur le terrain commercial, que je pratique encore énormément moi-même. C’est une conviction profonde : un gérant qui ne vend plus finit par perdre le contact avec la réalité du marché.
Depuis quand êtes-vous dans l’entreprise et quel a été votre parcours ?
J’ai rejoint SCAPIR officiellement en 2022, d’abord en collaboration étroite avec mon père pendant deux ans, avant de prendre la direction générale en juillet 2024. Mais mon parcours a commencé bien avant les chiffres et les réunions stratégiques : il a débuté au comptoir. J’ai voulu apprendre le métier par le bas, comprendre techniquement la pièce de rechange, parler le même langage que les équipes et les clients. C’est ce qui fait de moi aujourd’hui un manager technique, et j’en suis particulièrement fier.
Avez-vous été immergé très tôt dans l’entreprise ?
Oui, j’accompagnais mon père pendant les vacances étant enfant. Mais je serais malhonnête de dire que j’avais une passion immédiate pour le secteur. C’est en rentrant de Londres, en mettant les mains dans le cambouis au sens figuré, que quelque chose s’est déclenché. La pièce de rechange, la mécanique, l’automobile… j’ai développé une vraie passion, construite sur l’apprentissage et la technicité. Et c’est cette passion-là, acquise plutôt qu’héritée, qui donne aujourd’hui tout son sens à mon engagement.
Avez-vous toujours voulu rejoindre l’entreprise familiale ? Choix de tradition ou envie personnelle ?
Mon père m’a laissé le choix, totalement et sincèrement. Reprendre SCAPIR n’était pas une obligation, c’était une décision libre. Et c’est précisément pour ça que reprendre le flambeau représente pour moi la plus belle fierté. On s’attache bien plus à ce qu’on choisit qu’à ce qu’on subit.
Quelles études avez-vous suivies ?
Après un Bac en sciences économiques et sociales, j’ai effectué quatre ans d’études supérieures à Londres, où j’ai obtenu un Bachelor en finance et entreprise. Une formation qui m’a apporté une vision analytique et managériale solide, mais c’est le terrain, chez SCAPIR, qui m’a vraiment formé.
Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre métier ?
Le contact humain, sans hésitation. Ce métier, c’est avant tout des relations, avec les équipes, les clients, les fournisseurs. Et puis il y a cette dimension technique qui me passionne : comprendre la pièce, connaître ses applications, être capable d’avoir une vraie conversation technique avec un mécanicien ou un chef de parc. C’est cette combinaison — la proximité humaine et l’expertise technique — qui rend ce métier addictif.
Comment définissez-vous le manager d’aujourd’hui ? Quelle différence avec les générations précédentes ?
Le manager d’aujourd’hui doit être hybride : à la fois stratège et opérationnel, analytique et humain, connecté aux outils digitaux sans perdre l’instinct du terrain. La grande différence avec les générations précédentes, c’est peut-être la vitesse d’adaptation. Mon père a construit SCAPIR avec une vision long terme remarquable. Ma génération doit faire la même chose, mais dans un environnement qui change bien plus vite. Ce n’est pas mieux ou moins bien, c’est complémentaire.
Quels conseils de vos aînés vous marquent le plus ?
Mon père m’a toujours dit que la confiance se gagne lentement et se perd rapidement. Dans un secteur aussi relationnel que la rechange automobile, c’est une vérité absolue. Je l’applique chaque jour, que ce soit avec un fournisseur historique ou un nouveau client.
Quelle a été votre décision la plus difficile ?
Honnêtement ? Choisir entre le café et le thé le matin, haha. Plus sérieusement, je n’ai pas de décision traumatisante à raconter et j’en suis presque gêné pour la dramaturgie de cet article. Les choix importants, je les ai abordés avec méthode, avec mon père et mon maître autour de la table. Peut-être que la vraie décision difficile, c’est celle que je n’ai pas encore eu à prendre.
Retrouvez l’intégralité de cet article dans Rechange Maghreb numéro 6









