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EQUIP AUTO ALGERIA 2026 : Un vrai beau succès !

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Comme nous l’avions annoncé, EQUIP AUTO ALGERIA célébrait cette année son 20 e anniversaire, que la popularité toujours grandissante de la manifestation a consacré ! Ayant repoussé les murs du pavillon central, le salon débordait sur les annexes et – sous barnums – le terreplein central. Les exposants étaient bien là et les visiteurs nombreux, même si l’organisateur en attendait davantage. Cependant, aux dires des intéressés, « les visiteurs sont moins nombreux que précédemment mais les contacts étaient bien plus qualitatifs ». Et au fond, n’est ce pas ce qui compte ? Récit.

C’est sous une pluie battante que le salon s’est ouvert, une pluie rendue encore plus glaciale par les bourrasques d’un vent particulièrement froid. Bien que ces quelques mots pourraient faire penser à un bulletin météo étrange dans un compte rendu de salon, il nous fallait les écrire pour montrer la détermination des visiteurs à se rendre au parc de la Safex, peu réputé pour son confort… Nous retiendrons donc comme premier commentaire de l’édition 2026, un visitorat déterminé, avide d’informations techniques, marketing et commerciales. Un visitorat qui, loin de se sentir dépaysé par une mutation des exposants, en a profité pour parfaire sa connaissance du marché et de ses offres nouvelles. Entre présence massive des chinois (et autres asiatiques et turcs) et croissance exponentielle des fabricants algériens, il y avait de la place pour de grands noms de l’importation, confiants dans l’avenir malgré les restrictions et s’inscrivant dans une nouvelle dynamique. S’il y a bien quelque chose qu’on puisse attribuer aux professionnels algériens, c’est leur résilience et leur capacité à rebondir, à se transformer et à adopter de nouvelles stratégies. Et pour l’illustrer avec un peu d’humour, citons le distributeur SAN (représentant des marques algériennes AMC Filter, Ikam ou encore Greyley) qui a fourni à ses clients des parapluies aux couleurs des marques dès le second jour du salon pour révéler sa réactivité ! C’est donc sous une pluie battante…

Un salon « Made in Algeria »

Nabil Bey Boumezrag, Directeur du salon depuis son origine, l’avait rappelé dans un récent entretien accordé à Algérie Rechange, Equip Auto Algeria s’est toujours affiché comme le porte-parole de la production locale. Ce qui est nouveau, cependant, c’est le renouveau de cette industrie dont le salon s’est porté témoin. Plus de 40 producteurs de pièces « made in Algeria » exposaient produits et services associés aux côtés des importateurs qu’on soupçonne de devenir des leurs prochainement. Ce qui est nouveau également, c’est la qualité des produits proposés. Lorsqu’il y a dix ans, il était difficile de trouver des pièces qui puissent prétendre à une destinée internationale, en 2026, la plupart des producteurs en avait l’ambition et s’en donnait les moyens. Plusieurs d’entre eux, déjà affichaient leurs certificats de conformité aux normes internationales comme ISO 9001, IATF ou encore ISO 14001 parmi les plus courantes. Une certification rendue possible grâce aux transferts de technologie d’équipementiers chinois rompus aux règles internationales et désireux de conserver une place importante et capitale sur le marché algérien. En octroyant équipements dernier cri, machines, voire moules et modèles, en fournissant techniciens et ingénieurs pour former les employés algériens, les équipementiers chinois ont permis et permettent de faire gagner des dizaines d’années à l’industrie algérienne. Qu’on ne se trompe pas, il ne s’agit pas là d’une posture mais bien d’une réalité qui dépasse le montage au profit de la fabrication nationale et d’un taux d’intégration maximal. Certes, en deux ans ou trois à peine, l’industrie algérienne n’a pas encore réussi pleinement sa mue et il reste bien des savoirs à acquérir, cependant il est clair qu’elle en prend le chemin, soutenue et aidée en cela par un gouvernement pressé de faire baisser la note de l’importation. C’est ainsi que nombre de fabricants nous ont confié qu’ils avaient bénéficié du soutien des ministères et surtout de la stratégie globale nationale, à laquelle appartient la modification de la règle du 49/51 qui freinait les investisseurs étrangers. Aujourd’hui, dans certains secteurs, un investisseur étranger peut même disposer de la majorité du capital et s’installer. A cela il faut ajouter des coups de pouce bienvenus en matières d’abaissement de taxes sur les matières premières (qui peuvent encore être améliorés, grâce à une meilleure définition des produits finis) et sur une restriction encore plus sévère  jusqu’à l’arrêt pur et simple des droits d’importation des produits finis, dont la fabrication tant en technologie qu’en quantité peut couvrir les besoins du marché national (Cf les batteries depuis la maîtrise des technologies AGM et EFB et bientôt Lithium). Les constructeurs automobiles l’ont bien compris qui s’entourent de sous-traitants locaux…

Stellantis et Motrio en Guest stars

Renault Group et Stellantis ont ceci de commun qu’ils partagent la même exigence en termes de qualité des produits qui peuvent entrer dans la fabrication des véhicules et dans la composition des pièces de rechange. Il était donc naturel de les voir présents et actifs sur Equip Auto Algeria aux côtés de leurs sous-traitants actuels et à venir. Lors d’une table ronde inaugurant le salon, le directeur général de Stellantis, Salim Ramdani a réaffirmé l’engagement du groupe à privilégier la sous-traitance locale, soit pour l’usine de Fiat Algérie de Tafraoui, soit pour leur marque Aftermarket Eurorepar. (Plus d’informations dans nos autres articles sur Rechange Maghreb et Algérie Rechange). Parallèlement, Guy-Olivier Ducamp, directeur général de Motrio chez Renault Group, ne nous confiait-il pas avoir conforté dans son choix de co-entreprise, l’un de ses fournisseurs internationaux – en l’objet, LPR – pour fabriquer en Algérie des systèmes de freinage de haute technologie. Là encore, le salon Equip Auto Algeria a joué son rôle de hérault en servant de plateforme de communication au groupe Technocast afin d’annoncer cette co-entreprise obtenue grâce à son niveau de certification qualité définissant ses productions en pièces de suspension. Parallèlement, Fabcom, le fabricant de batteries leader en Algérie, annonçait la naissance d’une co-entreprise de production de roulements avec un grand nom de roulementier japonais.

Ce qu’il faut retenir de ces annonces, c’est l’imminence de la création d’un éco-système automobile tissant sa toile entre les constructeurs automobiles présents et à venir (plusieurs sites de construction automobile notamment chinois sont pressentis), les équipementiers pourvoyeurs de savoir-faire techniques, les producteurs algériens et les importateurs. Sur ces derniers, il convient de préciser, comme nous le rappelait Sadek Khenteur, directeur général de Khenteur Electric, que leur rôle prend une autre dimension en ceci qu’il leur faut accompagner par leurs compétences d’importations de pièces, d’équipements de machines-outils ou de matières premières les nouveaux fabricants algériens. Renault Group et Stellantis ouvrent la voie de cet écosystème, le salon leur servant de porte-voix afin d’inciter les uns et les autres à envisager une fabrication sur le sol algérien. Avis aux grands équipementiers internationaux et surtout européens de ne pas laisser partir un marché que le gouvernement algérien promeut.

Force chinoise et ambitions asiatiques

280. 280 est le nombre d’exposants chinois présents sur cette édition d’Equip Auto Alger selon la représentante du pavillon chinois que nous avons rencontrée. Un nombre qui aurait encore pu être plus important encore si l’organisateur n’avait pas mis un frein aux désirs expansionnistes des acteurs les plus dynamiques au monde actuellement (au bénéfice des exposants algériens). Est-ce que c’est trop ? Est-ce que c’est révélateur de l’évolution du marché ? Faudra-t-il qu’on s’habitue à un salon professionnel partagé entre fabricants asiatiques et fabricant algériens, parsemé d’importateurs agréés ? Il serait présomptueux de répondre à cette question, mais nous pouvons apporter quelques commentaires glanés ici ou là. En premier lieu, peu d’acteurs algériens se sont plaints de cet état de choses et il faut bien donner à ces opérateurs la primeur de leurs constats. En second lieu, la présence colossale des fabricants asiatiques ne fait qu’illustrer l’évolution du marché national. Quand les équipementiers européens et américains souffrent de voir leurs parts de marché s’éroder sous les coups de boutoir de l’administration en charge de l’importation, les équipementiers chinois progressent dans le pays. C’est un fait, regrettable ou non, inéluctable ou pas, chacun jugera à l’aune de son implication dans le développement et l’investissement dans le pays. Certes, on pourra reprocher aux fabricants asiatiques de ne pas apporter nombre de services et prestations qu’offrent les équipementiers traditionnels (notamment les formations techniques, les datas, les produits d’origine, etc.), mais on ne saurait ignorer la montée en compétences des fournisseurs asiatiques qui s’invitent par ailleurs dans la production locale. Faut-il y voir d’ailleurs une réponse à la montée en puissance des véhicules chinois dans le parc ? Pas vraiment si l’on en croit la représentante des fabricants chinois qui assure que leur principale offre concerne la fourniture de pièces pour les véhicules européens et surtout français… Il n’était pas difficile de la croire à voir les distributeurs algériens échanger avec les exposants de ce pavillon. On dit pavillon mais c’était plus que cela, puisque pour la première fois (de mémoire) les exposants chinois occupaient également des places de choix dès l’entrée du salon. Ou comment fait-on pour se placer quand on répond de très bonne heure à l’organisateur, une démarche inconnue des décideurs algériens. En revanche, il est clair que pour les opérateurs chinois, la prochaine étape consistera à alimenter en pièces de rechange voire en pièces OEM les constructeurs chinois qui doivent s’installer dans le pays. Attention cependant, à ce que la puissance de frappe ne cache pas quelques indélicatesses… Certains managers de grandes marques d’équipementiers internationaux ne nous ont-ils pas confié avoir repéré quelques pièces de contrefaçon au hasard des allées. Comme nous l’avions évoqué lors d’un précédent dossier, il ne revient pas à un organisateur de salon de faire la police (cela exigerait trop de compétences dont il faudrait disposer pour chaque secteur) mais aux fabricants eux-mêmes de porter à la connaissance de l’organisateur et les pouvoirs publics le délit. En clair, il est fortement recommandé aux importateurs de faire le tri même si l’organisation chinoise multiplie les efforts pour sélectionner les fabricants à même de venir exposer. Quoiqu’il en soit, il convient de conclure qu’il serait urgent que les européens ne se dessaisissent pas de leur représentation au profit de leurs distributeurs en marquant leur territoire grâce à une exposition en propre de leurs marque et produits. On sera d’ailleurs sensible aux responsables exports de Niterra et de Mecafilter d’avoir monté leur propre stand et d’en avoir tiré satisfaction. Charles Ollivier, directeur export aftermarket de Niterra n’hésitant pas à se montrer partant pour la prochaine édition tant sa satisfaction et l’accueil reçu l’avaient convaincu d’avoir fait le bon choix. Cela n’amoindrit pas, cependant, les efforts des partenaires des grands équipementiers mondiaux pour être présents aux côtés de leurs distributeurs diffusant informations, formations techniques et data sur les véhicules circulant (entre autres). Nombre de responsables export étaient à côté des distributeurs et s’il n’y avait pas eu de manière concomitante la convention Nexus à Lausanne, ils eussent été beaucoup plus nombreux encore, comme à l’accoutumée.

Des importateurs moins nombreux mais très engagés

On l’a vu, les importateurs distributeurs algériens sont venus moins nombreux, il convient néanmoins de souligner leur action très professionnelle et pour le moins enthousiasmante. A ce sujet on pourrait citer le Groupe Siad, toujours présent et farouchement partenaire du salon dont il semble faire corps, et aussi E.M.SG. sur un stand époustouflant et à l’énergie débordante sous la houlette de Saïd et de ses trois fils Mohamed, Farid et Abdelmalek (qu’on retrouvera dans notre numéro spécial Jeunes Managers à paraître en mai), sans parler de Mon Véhicule, fidèle au poste, d’UTA Équipements, la référence en matière d’outillages, d’outils de diagnostic et d’équipements pour les ateliers comme les centres de contrôles techniques ou encore de Corsma qui a emporté le gros lot en s’installant sur trois stands « parce qu’il faut permettre aux fabricants de pouvoir échanger avec les clients en leur offrant le maximum d’espace ». On pourrait citer également PRO (bientôt fabricant) ou Zaras Auro, une famille de la pièce. J’en oublie (pardon) et je crois que ceux qui ont exposé ont profondément marqué leurs clients (et prospects futurs clients) part la qualité des stands, par l’implication de leurs fournisseurs (Mahle, Corteco, Kyb, Valeo, KS Tools, Pirelli-Promoteon, Driv, Gates, Prinz, Icer, pour n’évoquer que ceux-là) et par leur foi dans leur profession. Certes le marché est plus dur du fait des restrictions à l’importation mais leur rôle a besoin d’être mis en avant. C’est d’ailleurs avec eux, également, que les fabricants algériens devront compter pour alimenter le marché national. Et en attendant que les pièces plus techniques ne soient fabriquées en Algérie – d’où les accords avec les équipementiers internationaux – il faudra bien réparer les véhicules et compter sur les importateurs distributeurs dont c’est le métier. Ne l’oublions pas !

Au détour des stands

Plateforme d’échanges comme on l’a vu, Equip Auto Algeria a débuté comme chaque année par une table ronde réunissant, cette année un constructeur automobile, FIAT Algérie représenté par Salim Ramdani (directeur général de Stellantis), un équipementier Fabcom, avec Khaled Attia (directeur de production de Fabcom batteries) et un Importateur distributeur, le Groupe SIAD via Tayeb Siad, son directeur général, sur la thématique « Le Made in Algeria : pilier stratégique de la souveraineté industrielle dans la filière des équipements automobiles ». Une table ronde animée par Algérie Rechange, partenaire media d’Equip Auto Algeria depuis 2016, une table ronde qui a fait état des enjeux de l’industrialisation automobile et de la naissance d’un nouvel écosystème. C’est d’ailleurs dans ce cadre que l’on a pu assister à une conférence-formation de Prometeon Tyres Group(Groupe Pirelli, dont le siège est en Italie et qui est distribué par Naftal en Algérie), à des signatures de contrats de partenariats entre Motrio ou Stellantis et des fournisseurs algériens (comme Dedax) à des formations techniques effectuées par des équipementiers comme Mahle (sur les outils de diagnostic, les ADAS et les machines de vidange de liquide de refroidissement et liquide batterie). Ces dernières ayant eu lieu sur le stand d’UTA Equipements, dont le directeur général, Amir Aissa Badaoui a annoncé à Algérie Rechange la création d’un garage en propre où seront testés les équipements en live. En soirée, nombre de rencontres entre distributeurs et leurs clients, (comme Corsma, UTA Equipements…), équipementiers et leurs partenaires distributeurs comme Euro Moteur, ont prolongé le salon à l’envi. Et n’oublions pas la soirée anniversaire des 20 ans d’Equip Auto Algeria coorganisée avec Algérie Rechange pour ses 10 ans (!) et ITPL (Groupe M&M Militzer & Munch) célébrant ses trente ans. Un vrai beau succès !

Retrouvez le compte-rendu complet dans Algérie Rechange de juin, numéro 56

Rédaction
Rédactionhttps://www.maghreb-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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