A Tunis, en cette fin de mois de septembre ensoleillée et bienveillante au bord de la mer, à la Marsa, 180 professionnels de la rechange automobile se sont réunis à l’invitation d’Anis Boughzala pour parler solutions. Vraies solutions en Afrique pour l’Afrique et celles et ceux qui l’aiment assez pour se rendre humbles et apprenants. 180, cela semble peu par rapport aux méga rassemblements de Nexus International – Dont IAMaga est une expression régionale -, qui compte jusqu’à 900 personnes. Mais 180, c’est énorme au regard de la spécification des invités : des membres distributeurs venus de plusieurs pays d’Afrique avec leurs besoins précis et exclusifs, des fournisseurs équipementiers, qui n’ont pas hésité à s’inscrire dans cette démarche en plus d’adhérer au Groupe Nexus. Parce que participer à cet événement de IAMaga n’est désormais plus une option comme l’a illustré cette 4e édition particulièrement réussie, aux dires des professionnels que nous avons interrogés. Et au début, il y eut le grand oral…
Aux racines de Nexus…
Il est parfois bon de se rappeler, comme l’a bien compris Gaël Escribe, le fondateur de Nexus International, il y a 13 ans – on dit fondateur même si cela peut vieillir son homme, pardon Gaël -. Un fondateur qui nous remémore les fondements de Nexus, inscrivant ses racines dans le continent africain ou comment « mettre en lumière les continents qui n’y étaient pas, donner au continent africain toute la place qu’il mérite dans l’aftermarket mondial et lui offrir l’opportunité de participer aux grands mouvements de l’aftermarket ». Nous nous en souvenons également et nous rappelons que Nexus International a surpris par son audace, son ambition en « cassant » l’axe franco-allemand privilégié par les grands groupements, en choisissant d’aller vers l’Afrique et le Moyen-Orient et ne se refuser aucune frontière à franchir. Un comportement alors perturbant que vint renforcer une autre ligne de force à savoir la rupture des barrières entre les genres : distributeur, importateur, équipementier, site internet, constructeur, plate-forme, centres autos, etc. réunis à la même table, consentants, et recherchant le chemin des ententes pour un business plus efficace et sans parti-pris. Ce sont effectivement ces racines que nous avons retrouvées dans cette édition du sommet de IAMaga (IAM comme Independant Aftermarket) à Tunis. Il fallait alors en savoir plus et reprendre ses notes, en fin de sommet, pour comprendre la satisfaction des participants, membres comme fournisseurs – et la chance nous a souri en plaçant sur notre chemin Anis Boughzala, directeur du développement Nexus Afrique – IAMaga et local de l’étape (il est tunisien), big boss de l’événement et organisateur (avec Olga Marcova et toute une équipe), et surtout « marieur » comme on le disait dans le temps, pour faire rencontrer l’un avec l’autre et parfois des gens qui ne se connaissaient pas et qui n’attendaient qu’une promesse pour se rapprocher. (Pour IAMaga, autorisons-nous à remplacer promesse par business, ça fonctionne bien aussi).
Anis Boughzala a ouvert le rideau à l’heure.
Cela peut paraître anodin et pourtant cela a été perçu comme un signal de l’organisateur vers ses amis : Oui, nous sommes en Afrique, oui, vous venez de pays où les horaires ne suivent pas forcément les réseaux oui, nous sommes des amis ou nous allons le devenir – l’esprit de réunion de famille participant naturellement de la réussite de la rencontre – oui nous sommes tout cela et pourtant nous allons mettre de la rigueur et de l’organisation dans nos échanges pendant ces deux jours. Voilà ce qu’a fait Anis Boughazala en ouvrant le rideau à l’heure. C’est comme cela que les plannings des uns et des autres ont pu comprendre 17 rendez-vous en face à face, une horloge rappelant aux participants leur temps de parole. Certes, il a fallu faire un peu le gendarme pour arriver à l’heure, ou ne pas dépasser l’heure, encore plus dur, lorsqu’il qu’il s’agit de vraies rencontres. En Afrique, on aime commenter, faire durer, et on sait aussi couper court quand il le faut. En clair, on n’était pas là pour jouir de la vue sur la mer ou des parfums du lilas – un peu aussi – mais pour parler business et spécificités de l’Afrique. Parce que IAMaga, c’est d’abord « une structure régionale qui offre un service additionnel aux fournisseurs et lorsqu’on parle de services, il s’agit d’un service adapté à l’Afrique. Il ne s’agit pas de prendre un cold case américain ou danois pour le copier et l’adapter à l’Afrique » nous explique Anis Bougzala avant de reprendre : « Les solutions proposées dans ce cadre sont conçues pour et avec les africains. J’ajouterais ce postulat qui a présidé à ce sommet : En Afrique, l’opportunité est large, aussi large est sa complexité. Comprendre les deux, c’est obtenir la clé pour construire un business profitable et durable en Afrique. Bienvenue chez IAMaga » (en traduction libre, ndlr).
Le « corridor du succès »
Titre accrocheur s’il en est « le corridor du succès » définit portant une réalité physique, un rite initiatique imaginée par Anis Boughzala : une allée bordée de panneaux lumineux rappelant toutes les étapes de IAMaga, où l’on percevait les commentaires des participants, « j‘étais là à cet event et là aussi, et là… ». Remémorer encore et encore afin de solidifier encore plus les fondamentaux tout en soulignant l’innovation et l’échange comme moteurs de croissance. Après ce passage, les 180 personnes ont assisté au discours de Gaël Escribe et aux interventions d’Anis Boughzala et de Martin Hendrikson, le président de Nexus Afrique, à qui l’on doit une présentation exceptionnelle des chiffres clés et les highlights de l’Afrique (qui sera développée dans nos éditions ainsi que le compte-rendu de la réunion). Quatre fournisseurs (Astemo, Mecafilter, NTN Europe, NRF) ont alors déroulé leurs offres et leurs engagements. L’après-midi fut consacré à la découverte … « C’est la première fois que nous réussissons à sortir les participants, « s’est exclamé Anis Boughzala, évoquant deux visites organisées, l’une auprès de fabricants (Mecafilter – NTN amortisseurs), l’autre auprès de la distribution, F.A.D., Stafim-Distrigo, Prime). Les deux ont reçu un large succès et même si le tour des fabricants a pris un peu de retard, tout le monde était ravi de ces présentations. Cela explique en quelque sorte aussi ce que nous faisons, mettre en relations des fabricants et des distributeurs sans oublier de souligner ce qui existe déjà en Afrique de bien et de porteur. »
« Chez IAMaga, nous comptons 36 fournisseurs référencés »
Profitant de notre échange avec Anis, nous nous sommes demandés pourquoi, lorsqu’on était Nexus, on avait besoin aussi de souscrire à IAMaga. Anis nous répond : « Etre un membre Nexus donne un « petit » privilège, qui ouvre des portes, qui permet aux petits de rencontrer des grands. Chez IAMaga, en plus, on offre à des distributeurs d’une région africaine de voir des fournisseurs intéressés par ce continent et par faire du business spécialisé. Le jeune « Prime » a eu accès à plusieurs fournisseurs en une seule journée, et des fournisseurs qui ont appris à comprendre ce dont il avait besoin. IAMaga, c’est du sur mesure et c’est pour cela que les équipementiers internationaux adhèrent ! De la même façon, les distributeurs africains s’attachent à cette démarche parce qu’ils savent qu’ils vont avoir à faire à des professionnels capables d’adapter leurs offres. Un atout rare, curieusement encore aujourd’hui. Pour poursuivre l’illustration de Prime, j’ai reçu des demandes de plusieurs fournisseurs – après la visite – réclamant des rendez-vous avec ce distributeur impressionnant (Prime est un peu un chouchou chez nous, confer le reportage dans le numéro de Tunisie Rechange et qui n’est pas le premier ! ndlr)». Et Anis de poursuivre : en outre nous apportons toutes nos solutions complémentaires comme les concepts de garage, les formations … Nos membres sont issus de tous les canaux de la consommation de la pièce et nous déroulons des concepts exclusivement pour eux. J’aime à dire « Think local, act global » en retournant l’injonction bien connue. J’aimerais faire comprendre aux fournisseurs que lorsqu’ils intègrent la famille IAMaga, ils bénéficient de la promotion que nous faisons de distributeurs africains désireux de croître. Si je devais faire un rêve, ce serait de pouvoir aligner les 54 drapeaux africains sur le sommet IAMaga. »
Un contrat de famille
Alors que nous n’avions que des retours positifs des acteurs de cette rencontre, nous avons encore poussé Anis Boughzala dans ces derniers retranchements : « mais enfin, ce n’est pas compris chez Nexus International (désormais Groupe International) ». Il répond franchement que tous se sont rassemblés pour travailler ensemble, ont manifesté un intérêt pour ces rencontres sur ce continent. C’est plus qu’une option pour les fournisseurs, c’est une volonté de moduler des solutions avec le soutien de l’équipe IAMaga pour être au plus près des attentes. Ce qu’il verse en plus revient au distributeur à celui à qui il s’adresse et ce n’est pas neutre. Il veut communiquer sur telle gamme, tel produit, telle démarche sur un territoire donné, et nous allons l’aider dans son parcours ! Quand l’Ethiopie décide de fermer les portes aux véhicules thermiques, il faut bien accompagner sur le territoire cette mutation avec les distributeurs locaux et les fournisseurs qui vont adapter leurs offres comme autant de solutions pour rester au cœur du marché. C’est ce que nous faisons ici. » Dont acte. Ah, j’oubliais, nous avons croisé les représentants d’une belle entreprise chinoise, bientôt intégrée (???), « Games Without Frontiers », chantait Peter Gabriel.
Au fait, vous a-t-on dit que le prochain sommet aura lieu à Cape Town en 2027 ?
HD
Retrouvez le compte-rendu complet du ONE AFRICA Business Summit dans notre édition de Tunisie Rechange (Interventions de Gaël Escribe, Anis Bougzhala, Martin Hendrikson, panorama du marché Africain, visite des usines Mecafilter et NTN Europe)…








