Depuis son entrée dans le giron du japonais NTN, SNR a su conjuguer les deux cultures, en première monte comme dans le domaine de l’Aftermarket. En attestent de bons résultats de l’après-vente dans cette période particulièrement troublée comme en atteste Leonardo Araujo, Directeur des ventes pour la région EMEA dans cet entretien qu’il a accordé à Rechange Maghreb sur le salon Autopromotec de Bologne. Rappelons que Leonardo Araujo d’origine brésilienne et chez SNR depuis 2004 sait ce que signifie construire une alliance sur des cultures très différentes.
Aujourd’hui, comment voyez-vous l’environnement de votre activité compte tenu des bouleversements que le monde traverse ?
Cela fait 9 mois à peine que j’ai été nommé à ce poste, après avoir participé au développement du groupe au Brésil pendant 18 ans. Je peux dire que je me plais toujours autant dans le groupe NTN Europe, et que je me réjouis de me trouver face à un challenge nouveau, différent, mais, parallèlement, en si peu de temps, le monde a été bousculé et nous en avons tous subi les conséquences. Néanmoins, nous avons réussi à nous en sortir beaucoup mieux que nos confrères, parce que nous appartenons à un groupe qui se partage entre l’Asie et l’Europe. D’autre part, et j’y reviendrais, NTN Europe est solidement ancré sur sa région EMEA, ce qui a permis au Groupe de contenir les effets désastreux des crises, des hausses de tarifs en transport et logistique, des ruptures d’approvisionnement ou des problèmes de matières premières.
La guerre en Ukraine a accru les problèmes sur les sites de production des grands équipementiers et bien sûr sur les ventes ?
La Russie constitue un beau marché pour nous depuis longtemps et nous ne fournissons plus rien. J’avoue que l’on se demande comment cela va se passer à l’avenir. Pour l’heure, nous suivons à la lettre les sanctions prises par notre gouvernement et ses directives, ni plus ni moins. Nous sentons déjà (interview a été réalisée en avril pendant le salon Autopromotec de Bologne) quelques perturbations dans les chaînes d’approvisionnement car l’Ukraine et le Russie, très industrialisées sur le secteur de l’acier ne remplissent plus leur rôle, mais nous avons trouvé des solutions. En fait, la production sur laquelle ces deux pays sont leaders (les deux premiers !) c’est la fonte, et ce n’est pas le matériau que nous exploitons le plus. Nous ne sommes pas perturbés plus que cela et nous avons, comme beaucoup, trouvé des solutions au Brésil.
Comment gérez-vous le problème sur le plan européen ?
Notre identité nous permet d’équilibrer en permanence même si nous restons très européens. Il faut savoir que nous sommes moins impactés que beaucoup, parce que nous sommes très bien implantés en Europe. Certes, il ne faut pas cacher que nous avons subi des contraintes, mais nous avons réussi à les gérer. D’ailleurs, notre chiffre d’affaires en 2020 s’est révélé très bon et nous avons pris de belles parts de marché. Nos concurrents ont plus souffert que nous, c’est indéniable. Les clients ont apprécié qu’on puisse les livrer et qu’on n’ait pas répercuté toutes les hausses auxquelles nous avons été confrontées sur le plan des matières premières, du transport et de l’énergie. Nous n’avons pas été parfaits, mais nous nous sommes bien tenus et avons été plutôt performants en termes de disponibilité des pièces. L’impact des problèmes de disponibilité s’est fait au compte-gouttes chez nos clients, qui ont été reconnaissants de nos efforts, de notre transparence également, parce que nous n’avons pas hésité à parler de nos fournisseurs avec nos clients, un échange qui a plu et nous a permis de prendre des parts de marché. La croissance se fonde sur la confiance. Et nous avons profité du fait que nos concurrents se sont parfois montrés trop gourmands… Aujourd’hui, nous nous attendons à une nouvelle croissance même en tenant compte du conflit entre la Russie et l’Ukraine.
Vous semblez plutôt confiant pour le marché européen, comment l’expliquez-vous ?
L’Europe progresse par le fait qu’elle comprend des pays dans lesquels l’âge moyen des véhicules a augmenté. En outre, on voit bien que les automobilistes prolongent la durée de vie des véhicules à cause des crises et plus généralement d’une évolution des mentalités. Ce qui a pour conséquence une maintenance accrue, des remplacements plus nombreux et plus de pièces consommées. Or nous faisons très attention à maintenir nos gammes de produits disponibles le plus longtemps possible. Ceci explique la forte croissance de nos parts de marché (en France, en Allemagne, et en Europe Centrale, notamment) et une belle performance de nos produits. Je dois ajouter que nous augmentons notre portefeuille produits en permanence. Citons par exemple, l’élargissement de la gamme de capteurs de vitesse de roue, ou celui des pompes à eau électriques et bien sûr de toutes nos familles de produits traditionnels. Nous ferons des annonces importantes sur Automechanika Francfort et Equip Auto Paris en ce sens.
La Turquie bénéficie d’un regain d’attractivité depuis que les asiatiques deviennent (un peu) moins intéressants en ce moment. Qu’en est-il pour NTN Europe ?
Nous affichons une bonne progression en Turquie qui est à attribuée à une équipe en place de trois personnes mise en place par Alain Monserand malgré un contexte difficile, une inflation galopante et une monnaie qui perd du poids. Néanmoins, nos clients sur place sont performants, solides, reposent sur de bonnes bases consolidées. Ils sont montés en puissance en se structurant et arrivent à des performances très intéressantes. En Turquie, comme ailleurs, nous arrivons à de bons résultats grâce à la fidélité réciproque que nous avons avec nos partenaires dans les pays. Nous restons sur le même réseau et travaillons ensemble à plus d’innovations, de dynamisme plutôt qu’à augmenter le nombre de distributeurs ou en changer. La fidélité nous rapproche et fonctionne bien. Au Maroc, les choses évoluent dans le bon sens, quant à l’Algérie, nous essayons de ne pas perdre trop de temps avec les nouvelles réglementations, qui sont très chronophages pour nos clients. En définitive, et compte tenu des contextes de crise, NTN Europe se montre à la hauteur et travaille activement à accompagner ses distributeurs dans leur développement et leur croissance.
Propos recueillis par Hervé Daigueperce









