Moins dépendant que ses concurrents de l’équipement d’origine, le fabricant de filtres continue de surfer sur une croissance soutenue en dépit des turpitudes contextuelles. Partout dans le monde, ses produits rencontrent un succès certain, poussant Misfat à investir pour renforcer ses outils de production. Un cercle vertueux.
Après Automechanika Francfort (en septembre) et avant Automechanika Dubaï (en novembre), les équipes du groupe Misfat se sont arrêtées à Paris, du 18 au 22 octobre 2022, pour la 26e édition d’Equip Auto. Un évènement incontournable dans le calendrier du fabricant de filtres qui n’a pas manqué de souligner, à regret, sa proximité avec son homologue d’outre-Rhin. « Le fait qu’Automechanika Francfort et Equip Auto se déroulent la même année, à un mois d’intervalle, est un vrai problème. Nous, nous aimons ces rendez-vous, nous aimons recevoir du monde sur nos stands, nous aimons mettre en valeur nos produits et là, avec cette configuration, nous avons dû faire des arbitrages en gérant les budgets et les équipes », explique Riadh Abdelkefi, directeur général du groupe. En dépit de cette légitime frustration, le dirigeant a pu être rassuré. A Paris, le stand de Misfat n’a jamais désempli. Les internationaux se faisaient rares, certes, mais les visiteurs français et francophones étaient nombreux. Profitant de son emplacement, du succès rencontré par cette nouvelle édition et d’un esprit festif bien cultivé par ses soins, le fabricant a passé une semaine intense, en parfait accord avec sa dynamique des derniers mois et des dernières années. Car que ce soit à Francfort, à Paris, à Dubaï ou partout ailleurs, Misfat continue de grandir nonobstant un contexte incertain. « Notre société se porte très bien et continue d’enregistrer actuellement de la croissance car elle n’a pas les mêmes problématiques que ses concurrents », pose Riadh Abdelkefi.
Une gestion fine des outils industriels
En d’autres termes, étant beaucoup moins dépendant que ses concurrents de l’équipement d’origine (moins de 10 % de son activité), le groupe tunisien est ainsi à l’abri des variations liées à une production automobile impactée par la crise des semi-conducteurs. « Nous, on continue de produire et de vendre » martèle le dirigeant. Cette particularité est aussi un précieux garde-fou sur le plan industriel. En ne se reposant que sur lui-même, Misfat maîtrise ses chaînes de production aussi bien au niveau des approvisionnements en matière première qu’en production de matière finie et gère donc de façon plus confortable les aléas. Concrètement, en prévoyant ses stocks six à dix mois à l’avance, le groupe n’est pas obligé de « courir » auprès de ses fournisseurs pour concevoir ses filtres. De même, lorsque les prix de la matière première augmentent – ce qui est le cas depuis deux ans avec un coût en métal multiplié par deux et en papier en forte inflation à cause de sa raréfaction – il n’est pas obligé de répercuter de suite ces hausses sur ses clients. Au-delà de cette fine gestion des outils, c’est toute la stratégie de Misfat qui fait la différence. En s’appuyant sur un portefeuille de trois marques, le groupe s’assure d’avoir toujours une réponse adéquat pour ses distributeurs et les clients finaux. En France, Mecafilter constitue l’offre premium, quand Lucas est distribuée par ses huit plateformes régionales partenaires et Misfat dans les réseaux discount tels que Carter-Cash. Une logique ajustable selon les marchés et les régions, l’Afrique du Nord plébiscitant bien davantage la marque Misfat, par exemple.
Suite de l’article dans les prochains numéros de Rechange Maroc (distribués sur le salon M.A.T. Moroccan Automotive Technologies de décembre) et d’Algérie Rechange (dossier spécial consacré au secteur automobile de l’Algérie, 12 pages de données !).









