Ce mois-ci, nous avons assisté à deux événements a priori anodins mais qui révèlent la mutation de l’industrie automobile algérienne et surtout son entrée dans un développement pérenne et durable. Stellantis Algérie et Fabcom (producteur de batteries algérien leader dans le pays) ont annoncé leur partenariat dans la première exportation de batteries vers le Cameroun. Une première qui sera suivie de bien d’autres. Parallèlement, la région d’Oran recevait des constructeurs automobiles internationaux dont les objectifs sont décrits dans cette news d’Algérie Presse Service que nous citons : « La wilaya d’Oran accueille, durant le mois de juin en cours, des délégations représentant plusieurs constructeurs automobiles de marques internationales, qui effectuent des visites de terrain au sein d’unités de production locales afin d’explorer les opportunités de partenariat et de développer le réseau de sous-traitance dans le domaine de la fabrication de pièces de rechange et de composants, a indiqué le président de la Bourse de sous-traitance et de partenariat de l’Ouest, M. Rachid Bekhchi. »
Ces deux informations nous révèlent d’une part que les équipementiers algériens ont acquis un savoir-faire et des certifications leur permettant de devenir des sous-traitants des constructeurs automobiles internationaux aux normes très exigeantes. Cela les autorise également à se tourner vers l’export partout dans le monde. En outre, on voit dans ces deux nouvelles le témoignage de liens de plus en plus étroits entre constructeurs automobiles implantés en Algérie – et aussi à l’international – et fabricants algériens, dans le cadre d’une volonté commune de production « Made in Algeria » apte à accroître le taux d’intégration locale. Cela suppose une montée en compétences des producteurs algériens qu’ils acquièrent auprès d’opérateurs internationaux de renom, parfois avec l’aide – on ira jusqu’à parler de prescription – des constructeurs automobiles français. Comme on peut le lire dans ce communiqué publié par Motrio à l’occasion de leur participation à la FIA d’Alger de cette fin juin : « Dans une optique d’expansion, MOTRIO a également franchi une étape clé en nouant un partenariat international stratégique avec l’équipementier italien LPR, l’un des leaders mondiaux dans la fabrication de pièces de freinage. Une joint-venture a été créée entre LPR et l’algérien Technocast. Cette collaboration permettra d’assurer un transfert de savoir-faire de haut niveau tout en proposant des pièces d’entretien de qualité, conformes aux normes internationales. »
Des constructeurs nombreux à s’implanter en Algérie
Comme on l’a vu, Stellantis est devenu depuis 2023 le porte étendard du retour des constructeurs automobiles en Algérie avec un site de production FIAT Algérie en plein expansion et bientôt un nouveau site avec Opel. Rappelons ce que son mentor, Raoui Beiji, président directeur général de Fiat Algérie et de Stellantis El Djazaïr, a communiqué sur LinkedIn très récemment : Plus de 80 000 véhicules ont été produits depuis le lancement de l’usine et plus de 5 000 emplois directs et indirects ont été créés, beaucoup ouvrant la porte à de nouvelles compétences techniques ». Les perspectives de cette année sont pour l’heure de 90 000 unités, un nombre certes encore très insuffisant au regard de la demande, et rendu possible par une extension récente du site, avec deux ans d’avance sur le calendrier initial, selon Samir Cherfan, directeur de la région Moyen-Orient et Afrique de Stellantis !
Parallèlement, on compte plus de 13 prétendants à l’implantation d’usines de construction d’automobiles, avec une grande part de chinois… l’autre grande composante du déploiement industriel algérien. Citons cette annonce de Bilal Lemita, conseiller du ministre de l’Industrie : « Treize constructeurs automobiles souhaitent lancer leurs activités en Algérie. » Ces constructeurs envisagent aussi bien des productions de VL, que de VI (Bus et camions). Parmi ces candidats dont les dossiers sont bien avancés et que ne retardent que des questions de foncier, d’administration, ou d’accords de taux d’intégration locale, citons le grand retour de Hyundai qui évoque des investissements de 400 millions de dollars dans un projet automobile en Algérie, avec son partenaire le groupe omanais Saud Bahwan. On notera que les visites de représentants de la Corée du sud en Algérie se sont intensifiées ces temps derniers pour témoigner de l’intérêt de ce pays pour le déploiement des marques automobiles Hyundai et Kia, et également d’autres projets industriels.
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