AccueilActualitésGroupauto International : Une croissance forte et discrète

Groupauto International : Une croissance forte et discrète

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Face à vous, lorsque vous arriviez sur Automechanika Istanbul, un pavillon « Groupauto International » s’offrait à votre vue, sans que vous puissiez le manquer. Une signalétique d’autant plus singulière que le Groupement n’a pas pour réputation de communiquer à outrance. A l’intérieur, des stands de grandes marques internationales… Rechange Maghreb a voulu en savoir plus.

Retrouvant Benoît Pradaud, Director Business Development au sein du Groupement, nous avons tout de suite été mis en présence de Günter Weber, le Président et CEO de Groupauto International (GAI) depuis le premier Janvier 2024. Récent dans cette fonction, Günter Weber se sent comme un poisson dans l’eau dans cette nouvelle organisation, fort d’une expérience de 30 ans dans l’automobile et notamment dans l’après-vente (Ses dernières responsabilités étaient Président Bosch Automotive Aftermarket EMEA). J’ai passé beaucoup de temps dans le business international de la pièce et des services, je connais bien les marchés américains et indiens, les produits aftermarket et les réseaux de garages, et j’apprécie de surcroît de découvrir d’autres secteurs. Nous avons toujours quelque chose à apprendre ». Et lorsqu’on lui demande ce qu’il mettrait comme prioritaire aujourd’hui dans l’Aftermarket, là encore, sa réponse est immédiate : Le plus grand problème auquel nous sommes confrontés et auquel nous allons tous être confrontés dans les années qui viennent, dans l’aftermarket comme dans l’automobile en général, c’est celui des ressources humaines. Si nous ne travaillons pas sur ce sujet aujourd’hui, nous allons disparaître. Nous avons vraiment du mal à recruter, aujourd’hui, des gens pour les métiers de l’aftermarket et nous mettons tout en œuvre pour trouver les solutions adéquates pour résoudre ce problème. La croissance du véhicule électrique dans les parcs va accentuer cette pénurie, car nous aurons besoin de nouveaux talents, de nouveaux experts dans les réseaux de garage. Notre rôle consiste à aider nos membres à investir dans la formation et dans le recrutement permanent des jeunes ».

Groupauto International très actif sur toutes les régions

Contrairement à d’autres groupements qui ont une politique du faire-savoir très importante, GAI apparaît plus sobre en matière de communication, ce qui fait dire à Benoît Pradaud que « Nous ne communiquons pas pour communiquer, mais agissons sur le terrain en support de nos membres comme on le fait maintenant avec Eyal Tarablus et toute l’équipe de Groupauto Turquie. Nous nous adressons à nos communautés avec des messages ciblés, adressés, personnalisés. Parallèlement, nous sommes très actifs via les réseaux sociaux et auprès de nos membres qui savent ce que nous faisons et là où nous progressons. C’est ainsi que nous nous sommes beaucoup développés en Amérique du nord (des marchés très forts) et plus encore en Amérique du sud et centrale, au Brésil, au Mexique ou encore en Argentine. Toute cette région des Amériques représente près de 32 % de notre chiffre d’affaires avec les fournisseurs référencés. En Argentine, Groupauto international est représenté par le plus grand distributeurs du pays. En Inde, nous explorons des initiatives et notre progression se fait step by step. En Afrique dont le territoire est immense, nous sommes présents en Afrique du sud, à l’Est, au Kenya, en Egypte, en revanche l’Afrique du Nord et de l’Ouest restent des territoires où nous cherchons des candidats pour rejoindre la bannière Groupauto. Nous avons commencé par l’Afrique du sud et maintenant, nous explorons des options sur le nord et l’ouest. »

Une méthodologie éprouvée

Lorsqu’on interroge Günter Weber sur la spécificité de Groupauto International, celui-ci articule ses propos à partir d’un process de développement, réfléchi et sans fioritures. L’idée étant de construire un partenariat avec un distributeur particulièrement bien établi dans son pays et d’avancer ensemble vers un développement commun plus large : « Lorsque nous partons de zéro sur un territoire, nous cherchons au sein de notre groupe quel membre peut développer cette zone, et nous commençons ensuite à élaborer un plan de développement sur le regroupement de distributeurs et le développement des réseaux de garages, puis notre membre sélectionné crée une entité légale qui va s’appeler Groupauto X et c’est seulement après cette étape que notre membre va chercher des distributeurs éventuellement par catégories de produits, et en fonction de la taille de ces distributeurs. C’est ainsi que nous avons procédé en Argentine, en Asie, en Afrique du Syd et au Moyen Orient récemment. Bien évidemment, cela suppose alors des investissements côté membres, pour regrouper les distributeurs sous la bannière régionale de Groupauto et développer des activités marketing pour démarrer les réseaux de garages. »

On reproduit au Moyen-Orient le modèle que nous avons déployé en Europe qui représente aujourd’hui moins de 60 % de notre CA global. Il faut noter que notre plus forte croissance provient plutôt des pays émergents, d’où l’idée de créer l’entité légale de Groupauto Middle East & Africa à Dubai, managée par Mesut Urgancilar faisant d’ailleurs partie de l’Advisory Board d’Automechanika Dubai. Sous le toit de GA MEA, on compte aussi, des distributeurs déçus par d’autres groupements, ce sont les avantages de la concurrence !»

Une politique fournisseurs globale et locale

Lorsqu’on cite l’exemple d’un groupement qui n’a pas hésité à parler d’approvisionnements en Chine au cas où ses distributeurs en Afrique ne sauraient plus faire face à la concurrence chinoise, Günter, Weber se montre une nouvelle fois pédagogique. « Nous avons eu le même réflexe mais avec une approche différente. Nous avons, nous aussi, bien sûr des relations avec la Chine et un membre établi en Chine sous l’étiquette « Groupauto Asie ». Si nous voyons qu’il y a un intérêt à recruter des fabricants de pièces chinois, ce sera par son intermédiaire, car ils seront fournisseurs sur tel ou tel constructeur de voitures. Nous avons donc intérêt à ce qu’ils soient nos fournisseurs pour ce type de pièces. De la même façon, si nous repérons de gros fabricants de pièces au Brésil et que l’on voit la nécessité d’aller nous fournir chez eux pour d’autres régions, nous allons les contacter et envisager des partenariats. Au départ, il faut une légitimité, un rôle dans la première monte ou dans une logique territoriale. Aujourd’hui, dans notre portefeuille, nous comptons 58 fournisseurs. Nous ne courons pas après une multiplication des sources, bien au contraire. En revanche, nous faisons attention à tout ce qu’un pays peut fournir en termes de fabrication nationale, et qui entre dans notre politique de développement. Pour rebondir sur ce que je mentionnais sur le nombre restreint de fournisseurs, j’ajouterais que nous ne sommes composés que de 32 membres, plus exactement, 32 organisations nationales qui drainent beaucoup d’acteurs économiques derrière eux. Et ce sont ces mêmes 32 membres dont la présence est effective dans plus de 100 pays. En clair, ce sont les organisations nationales qui comptent un grand nombre de distributeurs nationaux et qui nous font remonter de nouveaux distributeurs. De la même façon, ce sont les organisations nationales qui ont référencé des fabricants nationaux et qui peuvent les proposer comme fournisseurs au niveau global. Les relations que nous tissons doivent être constructives et conduire à des actions concrètes, précises et à valeur ajoutée. »

Le rôle de GAUI dans les grands sujets du moment

Les constructeurs devant mesurer leur empreinte carbone, toute la filière est concernée par ce mouvement. Comment faire pour que la distribution, sur ce sujet comme sur d’autres tout aussi clivants, réussisse à suivre le mouvement. Quel est alors le rôle du Groupement ? Günter Weber insiste sur les relations de partenariat étroites que le groupement entretient avec ses membres set ses fournisseurs : « Dans la plupart des sujets que vous évoquez, nous avons des partenaires qui savent tout faire eux-mêmes sans avoir besoin de nous, de même que nous avons des distributeurs qui ont besoin d’aide. C’est pourquoi, nous avons établi des concepts au profit des plus petits, mais qui peuvent aussi être adoptés par les plus grands, qui eux-mêmes peuvent partager leurs savoir-faire avec d’autres. C’est aussi la définition d’un groupement, de mettre en commun les savoir-faire. Parallèlement, nous soutenons et participons au FAAS (Forum on Automotive Aftermarket Sustainability). « Le Forum sur le développement durable du marché secondaire de l’automobile (FAAS) est une initiative conjointe du CLEPA et de la FIGEFA. Il vise à établir une plateforme où tous les participants du marché de l’après-vente automobile peuvent échanger des idées, cultiver et adopter des pratiques durables. L’objectif est de transformer le secteur européen de l’après-vente en une industrie proactive et pleinement responsable. » note de FAAF). Je suis membre du board de FAAS parce qu’il est essentiel que nous participions de manière active au développement de tous les métiers de l’Aftermarket, et FAAS nous aide à voir l’ensemble des problématiques de la filière et à proposer des solutions ensemble. C’est aussi un moyen d’apporter de la valeur ajoutée dans notre organisation. »

Et qu’en est-il de votre présence remarquée à Automechanika Istanbul ? « Notre ambition consiste à accroître nos parts de marché et la Turquie s’avère un marché très important, qui plus est en croissance. Non seulement ce marché s’avère intéressant au niveau national mais aussi au niveau international grâce aux portes qu’il ouvre vers le Moyen-Orient et d’autres régions du monde. Bien que ce salon soit surtout considéré comme tourné vers le marché national à la différence de Dubaï qui s’affirme comme une plateforme de business internationale, le marché turc s’avère à lui seul florissant avec 1.2 million de véhicules vendus chaque année dont 29 % sont captés par les flottes. Nous nous devions d’y être et de soutenir nos partenaires très actifs dans la région.

Hervé Daigueperce

Rédaction
Rédactionhttps://www.maghreb-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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