Depuis 170 ans, CFAO opère dans différents secteurs d’activité allant du pharmaceutique aux nouvelles technologies. Mais c’est dans l’automobile que le groupe panafricain s’est principalement fait un nom. Histoire.
Avant d’être le groupe qui génère plus de 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, CFAO était une entreprise connue sous le nom d’Établissements Verminck, implantée en Côte d’Ivoire, au Sierra Leone et au Sénégal. Son business ? le commerce de produits alimentaires et de consommation courante. Cacao, arachides, savon et caoutchouc font alors les beaux jours des Établissements Verminck. En 1887, l’entreprise change de nom et devient CFAO, contraction de Compagnie Française de l’Afrique Occidentale. Premier concessionnaire Ford à importer sur le sol africain la célèbre Ford T, CFAO est, en 170 ans, devenue l’entreprise de tous les superlatifs et de toutes les diversifications. Ici fabricant et distributeur, via ses sites industriels NIPEN et MIPA de stylos et rasoirs BIC pour toute l’Afrique de l’Ouest (1974). Là gestionnaire de brasseries au Congo via une joint-venture avec Heineken (1994). Ici encore, spécialiste de l’industrie pharmaceutique et des nouvelles technologies de l’information et de la communication. CFAO est partout, mais c’est surtout grâce à son lien historique avec Toyota que le groupe s’est fait un nom dans l’automobile.
Toyota-CFAO : à l’unisson sur le continent africain
C’est en 1960 que le groupe installe durablement son activité automobile. Une activité alors portée par de nouvelles relations avec des constructeurs (Toyota, Isuzu, Subaru…) venus d’un autre continent, l’Asie. CFAO développe alors une distribution multimarque dans ses concessions et obtient même son premier contrat avec la marque Peugeot. Quelques 60 ans et autant de succès plus tard, Toyota Tsusho Corporation (TTC), acquiert 97 % du capital de CFAO. En 2016, le groupe devient une filiale à 100 % de TTC. En mars 2017, CFAO devient la tête de pont de la division Afrique de TTC.
Implanté dans 38 pays africains, le géant importe, commercialise, loue et entretient des véhicules multimarques. Et pour cause, selon le groupe lui-même : « Le marché automobile en Afrique représente 1,8 % du marché automobile global. Avec plus de 17 % de la population mondiale, 40 millions de véhicules en circulation sur le continent et une forte croissance urbaine, les besoins en mobilité des particuliers et des professionnels augmentent ». Pour y répondre, CFAO s’organise autour de deux activités : CFAO Mobility et CFA South Africa. Ce dernier exploite un réseau de plus de 170 concessions de véhicules multimarques et propose également une offre d’approvisionnements et de logistiques pour l’industrie automobile sud-africaine. Quant au premier – CFAO Mobility, donc – en plus d’exploiter, sur le reste de l’Afrique, un extraordinaire réseau de concessions, il propose également une offre de service sur toute la chaîne de valeur : de la location longue durée pour les flottes automobiles (partenariat Loxea et Avis Fleet), une offre de véhicules d’occasion certifiés (AutoMark), un réseau de maintenance automobile multimarque (en partenariat avec TotalEnergie) et enfin une offre de pièces de rechange (Winpart).
In fine, CFAO réalise avec sa branche Mobility, hors Afrique du Sud, près de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Une paille…
Et bien sûr, le Maghreb n’échappe pas à la présence quasi hégémonique du groupe panafricain.
Une présence plus modérée au Maghreb
En Afrique du Nord, c’est au Maroc et en Algérie que le groupe est implanté. Deux pays qui, longtemps, à eux seuls, ont porté le chiffre d’affaires de CFAO Mobility. Jusqu’à ce qu’en 2014, l’arrivée de TTC au capital de CFAO plombe son succès au Maghreb. « En 2013 et au premier semestre 2014, quelques partenaires Automotive ont officiellement informé la société de leur décision de ne pas renouveler les contrats de distribution, certains d’entre eux du fait de l’arrivée de TTC au capital de CFAO fin 2012. La vente de véhicules dans le cadre de ces accords annulés ou non renouvelés a généré en 2013 un chiffre d’affaires représentant 12,6 % du chiffre d’affaires total de CFAO et 9,9 % de sa marge brute totale sur le même exercice », expliquait alors les porte-paroles du groupe. Dans le même temps, la crise du secteur automobile algérien faisait s’écrouler les ventes de véhicules neufs du groupe panafricain de quelque 37 % en Afrique du Nord. Et il va sans dire que l’arrêt des importations en 2016 et la crise Covid qui a suivi n’ont rien arrangé à l’affaire. Moralité, aujourd’hui, l’activité automobile de CFAO semble être davantage concentrée sur le Maroc. Fin 2024, CFAO Mobility lançait d’ailleurs, au Royaume du Maroc, les marques chinoises Omoda et Jaecoo. Et pour cause : ce sont surtout le Maroc, l’Égypte et l’Afrique du Sud qui tirent, en matière d’automobile, leur épingle du jeu. CQFD.







