Spécialiste mondial des études de marché et de l’analyse de données dans le secteur de l’Aftermarket, le GiPA murmure, depuis 1986, à l’oreille des spécialistes de l’après-vente automobile. Almudena Benedito, CEO de GiPA Group, nous en dévoile les secrets.
Pouvez-vous expliquer en quelques mots ce qu’est le GiPA ?
Le Groupement interprofessionnel automobile a été créé par Jean-Jacques Delage en 1986. Notre structure fait du des études de marché dans le secteur automobile et en particulier dans l’aftermarket. Nous couvrons vraiment tout le spectre automobile et nous analysons le marché à 360° : pour le public B to C pour connaître les habitudes de maintenance des conducteurs par exemple, mais aussi en B to B auprès des distributeurs et des réparateurs. Nous brassons, en somme, des millions de datas ce qui nous permet de donner des tendances à 5, voire 10 ans sur le parc automobile, et sur 4-5 ans sur l’activité OES et IAM en valeur de plusieurs marchés dans le monde. Cela permet à nos clients d’avoir une vision de leur marché sur le moyen et long terme afin qu’ils puissent avoir une analyse qui s’adapte à leurs différents clients, leurs différents produits, leurs différents business.
Quelles valeurs ajoutées ces insights apportent-ils à vos clients ?
En réalité il y a trois choses essentielles auxquelles le marché de l’automobile est confronté. D’abord, il y a les règlementations du secteur qui évoluent en permanence. Et même si ces règlementations sont annoncées, il est préférable de les suivre et de savoir, autant que possible, de quelles manières elles vont impacter vos métiers et votre business. GiPA veille sur ces règlementations et les intègre dans ses analyses et ses forecasts.
Ensuite, il y a les mouvements intrinsèques au marché : les nouveaux acteurs comme les Chinois, les Américains, les Indiens, etc. Cette concurrence mondiale, qui fragmente énormément le marché, est parfois difficile à suivre. Enfin, nous sommes dans un secteur interconnecté auquel s’ajoute un facteur géopolitique sans cesse en mouvement. Je pense ici aux annonces de Donald Trump sur les droits de douane, ou encore aux accords du Mercosur… En d’autres termes, les acteurs de la filière automobile doivent se mouvoir dans un contexte incertain et instable. Un contexte dans lequel parfois, une non prise de décision est déjà, en soit, une décision !
Ces 3 facteurs font que l’automobile est un secteur impacté par les problématiques mondiales et, via nos analyses, nous permettons à nos clients d’avoir des données qui les aident à mieux comprendre le monde dans lequel ils évoluent. Cela leur permet ainsi de mieux se projeter sur ce marché mouvant.
Aujourd’hui, concrètement, aucun client ne peut se passer d’une analyse à travers laquelle il va pouvoir prendre une décision. Car entre des informations parfois discordantes, l’intelligence artificielle, les news, etc., les clients s’y perdent parfois un peu.
Pouvez-vous nous donner un exemple concret de la façon dont vos analyses peuvent être une aide à la décision pour vos clients ?
Nous avons par exemple publié il y a quelques mois l’étude Panorama Aftermarket (PAD) US 2025. Dans cette étude, nous avons fait un focus carrosserie. Or, les fabricants de peinture sont très impactés par la production aux USA, mais aussi dans d’autres pays. Et pour cause, dans ce pays, vous avez 50 états et quasiment autant de taxes différentes ! Notre étude entre dans un niveau de précision qui permet aux clients de faire des estimations très fines de l’impact financier que va avoir chaque taxe sur son business et sur la façon dont ces taxes vont potentiellement évoluer dans l’avenir.
Ce niveau de précision fait justement la spécificité du GiPA…
Le GiPA était à l’avant-garde car, de manière générale, les datas n’étaient pas très exploitées à l’époque de sa création. L’idée de base était de proposer des études de marché qui n’existaient pas dans l’Aftermarket et de cette idée est née l’ATO, l’Aftermarket Trends Observatory. Nous étions, certes, capables de financer des études longues et coûteuses mais l’idée était d’avoir une multitude de successions pour permettre l’accès à un service, à une étude, mais aussi à une analyse sur-mesure en fonction des clients… et c’est ce qui fait la beauté de notre modèle. Avec nos analyses, les clients peuvent également envisager d’investir sur d’autres types d’études : comment positionner leurs produits sur leur marché, comment développer l’économie circulaire sur leur secteur, etc. Et puis, surtout, cela leur permet d’anticiper les tendances, et comme nous sommes présents dans beaucoup de pays (cf. Encadré chiffré), d’anticiper un nombre très large de paramètres, pays par pays, secteur par secteur, etc. Cela permet donc véritablement à nos clients d’avoir une vision sur le moyen, voire le long terme, comme je vous l’expliquais tout à l’heure.
Comment intervenez-vous sur les marchés du Maghreb ?
Nous avons commencé à réaliser des études identiques aux autres pays avec nos observatoires GiPA ATO conducteurs (B2C) et ATO réparateurs (B2B), mais plutôt tous les 2 ou 3 ans au lieu des études annuelles que nous faisons traditionnellement. Or, réaliser des études avec autant d’écart entre deux ne permettait pas de répondre pas aux besoins spécifiques de nos clients. Donc nous sommes finalement passés à des études plus ciblées. Mais la véritable difficulté aujourd’hui au Maghreb réside dans le fait de ne pas avoir de données fiables. Aujourd’hui, par exemple, pour le parc roulant marocain, les données datent de 2022. Et en Algérie, c’est encore pire, puisque ces mêmes données datent de 2019. Ce sont donc des marchés très particuliers avec des modèles spécifiques par rapport à d’autres marchés. Mais nous nous adaptons car le but est de coller au plus près des besoins et des demandes du client.
Quels sont ces demandes justement ?
Ce sont par exemple souvent des études de prix car il n’est pas facile d’avoir des prix officiels. Donc nous avons des demandes sur les prix que les distributeurs pratiquent auprès des garages, ou encore les différences de prix qu’il peut y avoir entre les importateurs et les constructeurs ; nous réalisons également un maping de la distribution pour qu’un équipementier puisse avoir une idée des acteurs les plus à même de distribuer ses produits. Enfin, pour les constructeurs, nous faisons beaucoup de « mystery shopping » avec un client mystère pour savoir si les procédures mises en place sont bien respectées, si le SAV correspond, etc. Le but est, pour eux, d’être certains que les services sont proposés correctement aux clients et si leurs procédures sont respectées.
Vous n’effectuez pas de prospectives sur les marchés du Maghreb ?
Non, nous sommes beaucoup moins dans la granularité du produit car pour avoir ce type de prévisions, il faut des données annuelles très précises, segmentées. Et donc, nous donnons plutôt des tendances, mais nous ne pouvons pas entrer autant dans le détail que pour les pays dans lesquels nous réalisons l’ATO.
Sans dévoiler les arcanes de votre fonctionnement, pourriez-vous nous expliquer comment vous arrivez à de tels niveaux de détails dans vos analyses ?
En fait, nous disposons déjà d’une base avec des millions de données stockées depuis 40 ans ce qui nous permet d’étudier des tendances de marché et aussi de les anticiper très en amont, à l‘exception bien sûr d’un phonème complètement exogène et atypique comme le COVID. Un de nos services consiste aussi à proposer l’intégration des données de nos clients de façon sécurisée et anonymisée pour réaliser des analyses complémentaires et comparatives avec la data du marché total. Nous nettoyons ces données et nous les intégrons à nos outils de prévisions « maison » OEM et OES. Cela nous permet d’avoir plusieurs angles de vue, plusieurs éléments de comparaison, qui nous permettent in fine d’être capables de dire à nos clients de quelle manière ils vont évoluer dans 4 ou 5 ans. Nous développons aussi des outils d’analyse spécifiques à nos clients, du sur-mesure en somme… Et ça, nous sommes pour l’instant les seuls sur le marché à pouvoir le faire.
Retrouvez la suite de cette interview exclusive dans le prochain numéro de Rechange Maghreb à paraître au début de l’été









