En 20 ans, la physionomie du salon Equip Auto Algérie a bien changé et affiche une belle santé qu’illustre le nombre de réservations effectuées pour cette 19e édition, dépassant même l’offre ! Nabil Bey Boumezrag, l’artisan de cette réussite répond aux questions d’Algérie Rechange en toute sincérité.
Fêter les 20 ans du salon Equip Auto Algeria… quelles sont vos impressions ?
Je ne réalise pas et pourtant j’ai encore des souvenirs de la première édition. Je dois dire que j’ai enchaîné les éditions en pensant toujours à la suivante dès que les portes des refermaient sur la précédente. Je ne me rends tout simplement pas compte de ce que cela représente, c’est beaucoup, c’est respectable, mais on n’a pas le temps de réaliser. Nous avons fait face à beaucoup de tempêtes, mais on a tenu la barre toutes ces années. C’est vrai, je ressens une forme de fierté, sans orgueil, juste le sentiment d’avoir réussi quelque chose comme le prouvent notre 20 e anniversaire et notre 19 e édition cette année.
Lorsque vous avez lancé la première édition, pensiez-vous à une telle pérennité, aviez-vous un objectif de durée ?
Très sincèrement, je ne me suis jamais posé la question de savoir ce que j’imaginais à l’époque ni si je pensais qu’il y aurait d’autres éditions. Nous avons tout de suite enchaîné sur la suivante. Je me rappelle cependant que nous avons « accouché de la première aux forceps » ! L’équipe était un peu différente à l’époque et on se lançait vraiment à l’aventure en affrontant tous les problèmes au fur et à mesure ou devrais-dire toutes les questions ! Et à la fin, en 2007, le succès était là et il se poursuit aujourd’hui.
Pour une manifestation, 20 ans c’est une consécration ?
Nous réfléchissons déjà aux 10 prochaines années ! Pour autant, rappelons-nous que mettre au monde un salon, c’est un peu comme de voir des bébés tortue tenter de rejoindre la mer. Beaucoup s’y essaient et peu réussissent à atteindre la mer et survivre aux vicissitudes.
Au fil du temps, la physionomie du salon a changé, comment voyez-vous la mutation ?
Un salon suit voire même anticipe les grandes mutations du secteur, en est le témoignage. Equip Auto Algeria a vu la filière changer, et ses exposants avec elle. Les importateurs de pièces qui composaient la majorité sont désormais beaucoup moins importants et sont dépassés par les fabricants qui, cette année, représentent plus de 60 % des exposants algériens, et ce pourcentage aurait pu être encore plus important si nous avions eu plus de place encore. Nous avons dû refuser beaucoup de producteurs algériens parce que la totalité du salon était déjà réservée très tôt dans la saison. Nous avons assisté à une brusque accélération de la présence des fabricants algériens et cela vient confirmer l’ADN d’Equip Auto Algeria, un salon qui a toujours fait la promotion du « Made in Algeria » avant même que ce ne soit la mode. J’insiste sur ce facteur parce que j’en suis très fier. Dès les débuts de cette manifestation, j’ai fait la promotion des produits algériens, j’ai aidé ces acteurs en leur donnant une visibilité importante. En quelque sorte, j’ai été le pionnier du « Made in Algeria ». Le salon a été une rampe de lancement de toutes ces marques de fabrication nationales et le salon s’est révélé une illustration de l’évolution des importateurs en producteurs et a toujours été une vitrine du savoir-faire algérien comme il le sera encore cette année.
Comment se présente, justement, cette édition ?
Cette année, le salon va étonner par la composition des exposants algériens et d’autres nationalités. Personne ne les attendait présents à ce point-là, je parle des fabricants, et aussi des exposants réunis sous les pavillons chinois, turcs, indiens et coréens pour ne citer que ceux-là. Tout tourne autour de la production locale y compris dans le cadre de partenariats avec des équipementiers asiatiques.
Cette édition témoigne de l’évolution du marché des cinq dernières années. On a vu l’émergence de nouveaux acteurs locaux en mesure de fournir des pièces de haute technologie. Comment ont-ils fait ? Comment ont-ils réussi cette profonde mutation ? je ne le sais pas. En revanche, ce que je sais c’est qu’ils montreront leurs savoir-faire aux visiteurs que nous attendons très nombreux une nouvelle fois. Je crois que le marché algérien est fait comme cela il est capable de muter à très grande vitesse et de se prendre en mains. Nous voyons apparaître de petites structures, de taille humaine – un peu comme en Italie ou en Espagne – se jeter dans la mêlée et croître rapidement. J’imagine que c’est leur taille initiale qui leur permet de ne pas perdre de temps : les patrons sont les décideurs et n’attendant pas des accords de conseils d’administration longs à répondre, c’est l’avantage des PME de pouvoir prendre les décisions stratégiques au bon moment. Les choses vont vite dans notre nouvelle ère, et si l’on n’est pas capable de s’adapter à cette situation, on disparaît.
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