Le jury du Car Of The Year Morocco 2026 a tranché. Sept voitures sont finalistes. Elles ont été sélectionnées à l’issue de deux journées d’essais, organisées par l’AIVAM les 6 et 7 janvier 2026. Tous les modèles ont été évalués selon des critères clairs : prix, équipements, confort, sécurité, innovation, environnement, et facilité d’usage. Le choix a été encadré par un notaire. Le jury est composé de journalistes, d’experts du secteur et d’essayeurs professionnels.
Les sept finalistes sont : Dacia Bigster, Renault 5 E-Tech, Ford Territory, Kia EV3, Cupra Terramar, Lynk & Co 08 et Soueast S06. Une sélection qui confirme l’évolution rapide du marché marocain. Ces modèles montrent que les acheteurs sont aujourd’hui plus exigeants, plus attentifs à la technologie, et surtout plus ouverts à de nouvelles propositions. Aucun d’eux n’est proposé en diesel. Ce n’est pas une décision imposée, c’est une réalité. Les constructeurs ne misent plus sur cette motorisation dans les catégories accessibles ou intermédiaires. L’offre s’est adaptée toute seule. C’est un basculement discret, mais fort.
Un podium dominé par l’Asie
Quatre des sept véhicules viennent d’Asie ou sont produits en Chine. C’est le cas de Lynk & Co, Soueast, Ford (avec le Territory) et Kia. Cette présence montre une chose : les marques chinoises ne sont plus à la marge. Elles sont désormais au cœur de l’offre. Design soigné, écrans tactiles modernes, aides à la conduite, finitions correctes, et surtout un prix contenu. Les consommateurs y trouvent leur compte. Les distributeurs aussi. Le Soueast S06, par exemple, coche presque toutes les cases du cahier des charges COTY. Même chose pour le Lynk & Co 08, dont le style et l’équipement surprennent. Le Kia EV3 propose, lui, une alternative électrique compacte et accessible. Ford, avec le Territory, adopte un autre angle. Un SUV de marque bien connue, produit en Chine, qui reprend les codes du confort et de l’équipement à bon prix. Cette configuration « mixte » devient de plus en plus fréquente. Elle permet aux marques établies de rester dans la course sans perdre en compétitivité.
Face à cette vague asiatique, les marques historiques conservent leur place. Le Dacia Bigster reste fidèle à l’esprit maison : simple, robuste, mais mieux fini que les générations précédentes. Il garde une vraie cohérence, surtout dans un contexte de montée des prix. La Renault 5 E-Tech, 100% électrique, joue la carte de l’émotion et de la modernité. Elle s’adresse à un public plus urbain, en quête de mobilité propre. Sa présence dans cette sélection prouve que l’électrique séduit, à condition d’être abordable et bien pensé. Enfin, le Cupra Terramar est le seul à jouer le rôle du véhicule plus exclusif. Il s’adresse à ceux qui veulent se démarquer, qui recherchent une voiture stylée, nerveuse, différente. C’est un pari risqué dans un marché très rationnel, mais le message est clair : le design compte encore.
Un choix à forte portée symbolique
Le jury devra choisir. Et ce choix ne sera pas neutre. Élire un modèle chinois pour la première fois serait une décision forte. Ce serait reconnaître l’évolution du marché et la qualité de l’offre asiatique. Ce serait aussi envoyer un signal aux constructeurs : les temps changent. Récompenser Dacia ou Renault, au contraire, reviendrait à valoriser la stabilité, la proximité, et la fidélité d’un public qui fait encore confiance à des marques installées. Quant au Terramar, sa victoire affirmerait que l’automobile peut encore être une affaire de style et de plaisir.
Quoi qu’il en soit, cette édition 2026 du COTY marque un tournant. Le Maroc n’est plus un simple marché d’importation. Il est devenu un vrai terrain de compétition, où chaque modèle doit prouver sa valeur sur plusieurs fronts : équipement, technologie, consommation, image, mais aussi prix. Les acheteurs marocains sont mieux informés, plus exigeants, plus attentifs aux détails. Ils veulent des véhicules modernes, fiables, bien équipés, mais sans payer plus que nécessaire.
Le Car Of The Year Morocco, ce n’est plus juste un trophée. C’est devenu un marqueur. Il montre où en est le marché, ce que les gens attendent et comment les marques se positionnent. La voiture qui gagnera en dira long. Sur les envies des clients, sur les choix des constructeurs, sur les priorités d’aujourd’hui. Ce titre aura du poids. Même avant le verdict, cette édition 2026 a déjà marqué un tournant. Elle dit beaucoup sur les grands changements en cours dans l’automobile au Maroc
Encadré :
Un titre très ouvert, pour une année charnière
Jamais une édition du Car Of The Year Morocco n’a présenté un profil aussi ouvert. Les sept finalistes montrent des approches très différentes de ce que peut être la voiture idéale en 2026. Entre l’ancrage local de Dacia, l’élan électrique de Renault, la montée technologique des marques asiatiques ou encore le positionnement distinctif de Cupra, les équilibres sont subtils.
Tout dépendra de l’intention du jury. S’il veut rester fidèle aux fondamentaux du marché, un modèle comme le Bigster de Dacia pourrait l’emporter. S’il choisit d’accompagner le changement et de saluer la nouvelle génération d’acteurs, un véhicule chinois comme le Lynk & Co 08 ou le Soueast S06 a toutes ses chances. Et s’il souhaite valoriser l’innovation technologique ou l’audace de design, des options comme la Renault 5 E-Tech ou le Terramar peuvent créer la surprise.
Ce qui est certain, c’est que le vainqueur enverra un message clair. Plus qu’un simple choix de voiture, ce sera un signal sur ce que le marché valorise aujourd’hui : fiabilité accessible, rupture technologique, ancrage historique ou bascule industrielle. Dans tous les cas, cette édition 2026 restera comme un marqueur fort de la transformation en cours du paysage automobile marocain.
Abdellah Khalil









