Ils étaient presque 750 professionnels de l’équipement et de la distribution automobiles, des services et des datas, rassemblés à Abu Dhabi pour le N ! Business Forum en avril dernier. 750 parmi les plus capés des deux mondes et tous désireux de connaître leur avenir, via les magiciens qui se sont produits sur scène. Echos.
Lorsqu’on évoque un concert, 750 personnes, c’est gentillet, pas de quoi s’époumoner d’admiration non contenue. Mais 750 professionnels de l’auto et plus singulièrement de l’Aftermarket, cela force l’admiration, surtout lorsqu’on considère que l’on y croisait la fine fleur des managers des secteurs concernés. Déjà, en soi, ce forum était un succès, car on ne fait pas venir autant de dirigeants de groupes ou d’entreprises sans de bonnes raisons, les conséquences en seraient mouvementées ! Donc oui, Nexus International dont l’un des grands rôles consiste à rassembler des professionnels pour qu’ils échangent entre eux formations, données, idées, cartes de visite et contrats commerciaux a réussi une nouvelle fois son pari. Le leitmotiv cette année répété à l’envi par Gaël Escribe s’épelait ainsi ECOSYSTEME et s’il nous prenait l’envie de regarder dans l’une des propositions de définitions sur le net, on lirait « il s’agit d’un ensemble d’être vivants qui vivent au sein d’un milieu ou d’un environnement spécifique et interagissent entre eux au sein de ce milieu et avec ce milieu. » Tout est dit ou presque. L’acmé (pour nous) de cet écosystème s’est révélé par le recueil et l’exploitation de la Datas. Vous avez des infos, nous avons des outils et des experts pour les traiter et nous avons aussi les clients, ceux qui sont assis à côté de vous. Brillant.
De la Data s’il vous plaît !
L’ambition de créer un Data Center en s’appuyant sur un écosystème de la Data n’est pas nouveau et c’est même ce qui a généré l’afflux des professionnels dans ce groupement, mais visiblement on en n’était qu’aux balbutiements, Gaël Escribe regrettant que les données ne remontent pas aussi naturellement qu’il l’aurait souhaité. D’où ce focus sur une … urgence, comme en témoignent ces exhortations happées sur la scène : « Nous n’avons pas le choix, nous nous devons d’avoir les datas, celles de l’automobile, de l’aftermarket automobile », « Nous avons de grandes ambitions pour des Data Services » « Nous rassemblons, collectons et traitons » « Si on gagne cette bataille, c’est gagné », « Cet écosystème est majeur, c’est le pilier de notre futur ». Etc. Mais attention, « la sécurité est garantie » et l’on voit à ce petit rappel ce qui ralentit le processus. On entendait les distributeurs importateurs se questionner sur le bien fondé de livrer leurs informations, Nexus International n’étant pas un organisme bancaire ! Pourtant, c’est le message qui devait être passé. Les données sont confidentielles et personnelles, les traitements de ces données pour telle ou telle application ou prestation sont personnalisés et ne sauraient mettre en évidence les sources. En clair, « on ne vend pas un catalogue mais une partie de celui-ci ». Et on a besoin de ces données pour créer des outils afin d’être plus compétitifs, pour permettre aux fournisseurs équipementiers d’acquérir des pans de ces données afin de les mettre à la disposition de leurs meilleurs commerciaux à savoir les distributeurs, leurs clients. Des clients qui, selon leur taille, ne sauraient pas se procurer les données d’un marché, d’une activité, d’une région, d’une typologie de clientèle … du plus petit angle au plus transversal : « More value to give to a collectif ». Là aussi, vos données pour vous seul ne valent pas grand-chose, en revanche, réunies et traitées, elles vous font progresser à vive allure. La croissance n’étant pas la raison d’être du groupement ? Partager pour être plus fort, procure plus de valeur individuellement, la définition d’un écosystème en vérité. Nous avons aimé également cette phrase destinée à rappeler aux uns et aux autres que le mot communauté chez Nexus n’était pas un vain mot : « Nous avons des professionnels qui sont en compétition mais qui ne sont pas en guerre ». Tournée vers les distributeurs, cette phrase incite la distribution à bénéficier de ce que l’ensemble de la profession peut générer comme datas et de leur utilisation pour leur activé propre, pour les équipementiers, cela signifie aussi être libre de faire plus de business. Vous achetez de la data de plus en plus sectorisée, précise, élaborée, et vous gagnerez en valeur ajoutée. Si votre concurrent veut en faire autant, libre à lui. Chaque fabricant décide ce qu’il veut acheter. Pas la guerre, seulement la compétition. Et pour conclure sur cet écosystème déjà bien avancé – « Nous avons déjà des données pour stimuler la croissance et nous savons ce que le partage peut apporter » – citons ces quelques phrases « L’expérience des affaires est une clé mais ce n’est pas suffisant. Nous garantissons la confidentialité et nous ne donnons pas des données à l’un ou à l’autre mais des données globales qui permettent d’agir plus efficacement » et enfin : « C’est un outil, ce n‘est pas une stratégie en soi ». Et c’est sur cet aphorisme que nous allons vous renvoyer sur notre dossier sur l’Intelligence Artificielle, ce vers quoi tend – entre autres – l’exploitation de la donnée !
Retrouvez l’intégralité de ce reportage dans notre numéro de Rechange Maghreb N5









