Ecouter Christophe Idelon, vice-Président Automotive Aftermarket de NTN Europe se réjouir de la prise de participation de 35 % dans LTM, le fabricant d’amortisseurs, rappelle à tous les professionnels de l’équipement automobile, que l’on peut réussir une acquisition partielle ou totale d’un autre groupe ou d’une entreprise avec le sentiment du devoir accompli. Et sans que l’on soit obligé de compter les déçus et les blessés d’une telle opération.
Un succès qui nous ramène également aux fondations de SNR, le grand spécialiste des roulements français, filiale de Renault que céda, en son heure, Carlos Ghosn, au géant japonais des roulements NTN. Une acquisition qui fit beaucoup de bruit, accumulant les commentaires délétères jusqu’au moment où les commentateurs de tous poils durent faire amende honorable et reconnaître que cette fusion (pardon si le terme juridique n’est pas le bon), avait constitué une vraie plus-value tant pour SNR que pour NTN. Aujourd’hui, alors que NTN Europe monte au capital de LTM, on rêve de bon aloi que cette opération conduise aux mêmes effets, même si les envergures et enjeux ne peuvent être comparés. Parce qu’il s’agit, là encore, d’une décision fondée sur le bon sens et la recherche de valeurs pour les deux entités. On comprend mieux que l’artisan de cette réussite, Christophe Idelon et son équipe se louent de cette opération qu’ils ont menée avec ténacité depuis deux ans…voire plus ! Car du côté de Monsieur Aftermarket de NTN Europe, la diversification du groupe vers une activité industrielle complémentaire – on tourne autour de la roue, ne voyez-vous pas ! – constitue l’acmé d’une ambition bien réelle et mutuelle d’accroissement de valeur de son entreprise. Bien sûr, à la différence d’Abdessalem Ben Ayed, le P-dg de Mecatech et propriétaire de l’entreprise familiale, Monsieur Idelon ne se veut que l’artisan d’un projet qui lui tenait à cœur et qu’il a porté avec l’aide de ses équipes avec acharnement. Son dévouement n’étant plus à prouver, il nous reste à saluer les efforts des équipes- je le répète, qu’elles soient markéting, ventes et aussi d’ingénierie comme en témoignent ces propos de Christophe Idelon lorsque nous avons posé la question de l’investissement des ingénieurs de NTN Europe : « Nous avons tenu à monter au capital de LTM afin d’investir davantage encore dans le développement industriel et des technologies de l’entreprise même si les échanges entre les ingénieurs de LTM et les nôtres ont nourri les relations des deux groupes dès le début du partenariat. Nous n’avons pas attendu de représenter plus chez LTM pour travailler de concert sur le déploiement technique de la production des amortisseurs. Nos équipes ont été à pied d’œuvre dès le départ pour créer une dynamique industrielle et également commerciale avec LTM. » Ce qui nous fait dire que l’opération se vit à la fois comme un aboutissement (35 % des parts) et un commencement (des investissements pour développer l’activité de production d’amortisseurs et son rayonnement à l’international.
Deux groupes, deux projets, deux parcours
NTN Europe, en devenant un partenaire très actif dans la fabrication d’amortisseurs, poursuit une route que les directions du Groupe ont initiée depuis quelques années, à savoir la diversification dans l’environnement de la roue. Connu mondialement pour la production de roulements de roue des plus simples aux plus sophistiqués, NTN Europe s’est offert en plus une renommée en joints de transmission, et en butées de suspension. Ce n’est donc pas un novice dans la liaison au sol ! Parallèlement, Mecatech qui préside aux destinées de Misfat, un grand acteur de la filtration, se veut aussi un industriel capable d’être un partenaire de talent pour le grand NTN Europe. Il faut ajouter que dans ce rapprochement, on doit y voir également une démarche constructive face à l’internationalisation des marchés. Face aux coups de boutoir des chinois partout dans le monde, l’union des forces européennes (et japonaises) et du Maghreb s’impose comme la solution pour préserver les identités européennes et africaines et leur présence sur ces marchés.
Alors, se dit-on, NTN Europe va-t-elle profiter de ce succès pour y prendre au goût au point de poursuivre une démarche fructueuse. Christophe Idelon calme notre enthousiasme sans pour autant nous décevoir : « En tout premier lieu, nous n’avons pas pour objectif de pendre plus de 35 % de parts dans LTM, car ce que nous détenons nous permet de consacrer auprès de LTM plus d’investissements dans le développement de l’activité amortisseurs que nous commercialisons sous la marque SNR, de mettre plus de machines, plus de process, plus d’innovations technologiques afin de passer à un cap supérieur avec notre partenaire. Ensuite, pour répondre à votre question, nous ne fermons pas la porte à d’autres projets de diversification industrielle par acquisition même si cela n’est pas à l’ordre du jour actuellement. Nous sommes cependant tous mobilisés pour devenir un acteur important dans le secteur de l’amortisseur ».
A Tunis, l’heure est également à l’enthousiasme. Il faut savoir que pour Mecatech, lancer l’activité amortisseurs en parallèle de la filtration s’avérait aussi un pari osé et désormais réussi. Avec des investissements en ressources humaines, en technologie et en équipements, Le groupe Mecatech a su prendre une place importante non seulement en Tunisie (où il faut compter avec un concurrent, l’entreprise SIA, le leader national du marché de l’amortisseur) et aussi sur le plan international grâce aux positions du groupe Misfat connu mondialement comme fabricant de filtres en OEM, en OES et en IAM d’un côté, et aussi comme fournisseur de compléments de gammes pour les géants internationaux de la filtration.
Que Christohe Idelon artisan de cette réussite avec soi équipe et Abdessalem Ben Ayed avec les managers de LTM se félicitent de cet accord, on ne peut qu’aller dans leur sens et apprécier à sa juste valeur une démarche qui rend les partenariats entre équipementiers constructifs, louables et respectueux des valeurs humaines. Et compétitives aussi, ne l’oublions pas !
Hervé Daigueperce







