Aux confins d’enjeux économiques et écologiques, la Piec, ou pièce issue de l’économie circulaire, se pose en véritable alternative à de nombreuses problématiques. Moins chères que des neuves, permettant de consommer de façon plus responsable et répondant à la pénurie observée dans certaines familles de produits, celles-ci s’avèrent riches en atouts. Encore faut-il cadrer le sujet et le rendre attractif sur le terrain. Tour d’horizon régional.
Et si la Piec était finalement la réponse à bien des maux qui touchent la rechange du Maghreb ? La question est posée et le débat reste entier tant il n’en est qu’à ses prémices. Derrière ce terme, se cache ainsi la « pièce issue de l’économie circulaire » qui, selon la définition d’usage, provient d’un centre de véhicules hors d’usage (VHU) agréé, ou a été remise en état par un spécialiste selon les spécifications du fabricant d’origine et qui comporte la mention « échange standard » (appellations françaises). Si ce segment demeure assez peu développé en Afrique du Nord, il n’en reste pas moins un vrai sujet. Aujourd’hui, le portefeuille de produits couvre un spectre très large allant du vitrage aux pièces électroniques en passant par les optiques, les sièges, les pièces de carrosserie démontables ou encore les pièces de mécanique (excepté celles faisant partie des systèmes de freinage, de la direction ou du train roulant). L’exhaustivité de l’offre n’est ainsi plus à prouver. Riche en propositions, la Piec l’est aussi en atouts et c’est bien ce qui anime depuis plusieurs années son développement, en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord notamment. En France, par exemple, les garagistes ont l’obligation depuis le 1er avril 2019 de proposer à leurs clients le choix entre deux types de pièce automobile (neuve ou issue de l’économie circulaire) si la référence recherchée est disponible.
Pas la solution mais une solution
Plus économique qu’une pièce neuve, elle s’avère en outre plus respectueuse de l’environnement. Son but est ainsi de limiter le gaspillage en matières premières et la mise au rebut d’objets pouvant avoir une seconde de vie. Rapportée aux marchés du Maghreb, on en saisit vite tout le potentiel. Bien sûr, l’analyse du secteur de la rechange diffère selon que l’on soit en Algérie, au Maroc ou en Tunisie. La situation économique, la tension sur les ménages, la dynamique du secteur ou encore les perspectives d’avenir varient en fonction de ces pays. Cependant, que l’emprise et la croissance des équipementiers exotiques bas de gamme soit plus ou moins fortes ou que le rayonnement des pièces contrefaites soit plus ou moins important, la Piec se pose quoi qu’il en soit en alternative sensée. Tous les observateurs de ces marchés en conviennent. « On tient là une solution qui pourrait résoudre, en partie, bien des problèmes » nous a confié l’un d’eux. « On ne peut pas voir la Piec ou l’échange standard comme la réponse à toutes les dérives de notre marché, complète un autre, mais c’est une solution permettant d’améliorer les choses et de montrer que l’on peut avoir recours à des pièces de bonne qualité à un coût compétitif ». Si sous d’autres cieux, la Piec est davantage mise en avant pour ses atouts environnementaux, l’aspect pécuniaire prévaut assez logiquement au Maghreb dans un contexte de crise économique, certes encore une fois variable selon les pays.
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