A découvrir en cliquant sur la couverture, feuilletez sans modération ! En voici l’édito.
Agitée, remuante, volontaire, et pleine d’espoirs, la Tunisie entend bien profiter d’une situation qu’une prise de conscience européenne de sa dépendance à l’Asie rend profitable à ses ambitions. En effet, au moment où les tunisiens retiennent leur souffle quant à un prêt du FMI destiné à les faire repartir, après une crise du Covid éprouvante, le gouvernement dépoussière, range, ouvre de nouvelles portes, en fait, met tout en œuvre pour que les investisseurs internationaux choisissent la Tunisie plus qu’un autre pays pour s’implanter, signer des co-entreprises, déployer sites de production et centres de R&D. Ce dernier point étant essentielle dans la politique actuelle prenant référence à l’ouverture de 72, où il est question d’ouvrir à l’actionnariat et à l’investissement international certes, mais pas à n’importe quel prix. La Tunisie souhaite industrialiser et que cela entre dans une démarche pérenne, à long terme, intégrant les conditions d’un développement interne fort. C’est-à-dire incluant l’innovation comme force de frappe et de prolongement des investissement premiers. Pour cela, elle compte sur la formation, sur ses écoles d’ingénieurs, et aussi sur la simplification des process. Pour cela, elle compte sur les industries traditionnelles et aussi beaucoup sur les nouvelles technologies dont l’éolien et le solaire et aussi bien sûr sur l’automobile qui représente 14 à 15 % de ses exportations, donc de ses ressources ! Or lorsqu’on se penche sur l’historique de la Tunisie, les ressources humaines et les compétences dans ce secteur ont toujours été porteuses. Il en va de même aujourd’hui où de grands groupes automobiles dépassent le fait de produire pour installer des centres de R&D et profiter d’une main d’œuvre à forte capacité de progression et d’adaptabilité.
Le monde qui change aura besoin de cette population, les nouvelles énergies également parce qu’elles offrent des créations d’industries nouvelles et d’industries pas forcément pharaoniques. Ce monde exige aussi beaucoup de sous-traitants qualifiés, ce qui ne signifie pas seulement d’avoir la compétence technique mais aussi la prise en compte des contraintes environnementales et des nouvelles normes climatiques. Les constructeurs automobiles ne peuvent en faire abstraction et ne feront travailler que des entreprises propres à tous les niveaux de la chaîne, les grands équipementiers également. Il ne faut pas croire que ces obligations vont s’arrêter à la première monte, elles conditionneront les process de réparation et d’entretien, elles conduiront à des formations de bon niveau, elles tiendront compte de la consommation d’énergie, de la gestion des déchets, de la récupération des vieilles matières, du remanufacturing, en clair du développement durable. Enoncées ainsi, les mesures d’adaptation des entreprises automobiles (et autres) s’apparentent à des contraintes alors qu’elles ne sont qu’opportunités de développement pour nombre d’entre vous. Récupérer des vieilles matières, c’est économiser sur les matières premières et devenir plus compétitifs, remanufacturer c’est aller dans le sens du pouvoir d’achat et aussi de la baisse des primes d’assurance, etc. Transformer les entreprises polluantes en entreprises vertueuses appellera de nouvelles compétences que l’on peut trouver en interne et ainsi réaliser des économies tout en protégeant ses employés, ses concitoyens et en appelant de nouveaux consommateurs. L’automobile bouge très vite, à nous tous de courir dans la même direction !
Hervé Daigueperce









