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« L’offre fait venir le visiteur, et l’exposant sait qui il reçoit et comment le recevoir. »

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Entretien avec Olaf Musshof, Directeur de Automechanika Frankfurt, Messe Frankfurt Exhibition GmbH

Lors du salon Autopromotec, nous avons rencontré Olaf Musshof, Directeur d’Automechanika Frankfurt, Messe Frankfurt Exhibition GmbH, venu se rendre compte de l’état d’esprit des exposants et des visiteurs. Il n’était pas seul d’ailleurs, puisque nous avons échangé également avec le directeur d’Autotechnika, et de la directrice d’Equip Auto Paris, Aurélie Jouve. Profitant de sa venue, nous lui avons posé quelques questions sur son salon qui ouvre ses portes du mardi 13 au samedi 17 septembre 2022. Interview à retrouver dans Rechange Maghreb, le Guide de la Distribution, 2e édition 

Quelle appréciation faites-vous de ce premier salon d’importance internationale, Autopromotec ?

Je suis content de voir que les professionnels se pressent pour venir, c’est bon signe, ils veulent revenir sur les salons. Et le succès se veut également un succès pour notre industrie des salons mais surtout pour toutes les industries de l’automotive concernées au sens large.

Automechanika approche, comment appréhendez-vous cette édition ?

D’habitude, je suis très confiant au regard de la notoriété du salon sur la scène internationale. Cependant, il faut toujours tenir compte des éléments conjoncturels. La pandémie interdit encore aux asiatiques de se déplacer – ils sont très peu nombreux cette année – et la guerre en Ukraine a des conséquences sur les exposants ou les visiteurs russes, ukrainiens et des pays de leur environnement. Néanmoins, nous avons des exposants de 67 pays dont le nombre se monte entre 2 500 et 3 000 ! L’édition se présente donc bien.   

Vous semblez confiant malgré l’absence des chinois, est-ce finalement, si nécessaire de faire venir les chinois qui ont également leurs Automechanika dont Automechanika Shanghai ? Si leur présence n’apporte pas un plus pour la rentabilité financière ?

Il est important que nous ayons des exposants chinois d’une part pour leur offre produits que les européens et les visiteurs d’autres pays d’Afrique ou du Moyen-Orient souhaitent découvrir et d’autre part sur un plan financier. Sur ce dernier point, rappelons que lors de l’édition précédant la crise sanitaire, nous comptions 1 700 stands chinois, ce qui apporte un matelas financier non négligeable ; En outre, la Chine est devenue un grand acteur sur le marché mondial et doit être représenté sur le salon de Francfort. Nous sommes convaincus qu’ils reviendront dès qu’ils le pourront au regard de la situation sanitaire dans leur pays. D’ailleurs, indirectement, ils sont déjà revenus puisque près de 200 exposants chinois sont annoncés sur le salon via leurs filiales hors Asie. 

Est-ce que la pandémie et ses conséquences sur le marché mondial ont également des répercussions sur la composition des acteurs du salon ?

Il s’avère difficile d’établir une analyse encore précise des mutations du marché. Il est clair que nous assistons à des mouvements dans le sourcing. Nombre de sociétés explorent de nouvelles pistes pour ne pas être victimes de ruptures d’approvisionnement comme ils l’ont vécu, ou encore pour compenser des tarifs qui ne cessent d’augmenter en termes de transports et de logistiques ou même de taxes. La Turquie, par exemple, accroît ainsi son attractivité.

Pensez-vous justement qu’Automechanika Istanbul va rallier beaucoup d’exposants et gêner Frankfurt ?

L’offre d’Automechanika Istanbul est beaucoup moins internationale que celle de Francfort. Par ailleurs, tout ce qui renforce la marque Automechanika se reporte sur les salons de la marque. Plus Istanbul fonctionnera, mieux se porteront Francfort et Dubaï parce que les professionnels font confiance à la marque et se portent sur les zones qui les intéressent où la marque est présente. Tous les salons sont ainsi renforcés.

2022 affiche un nombre de salons inédit, comment gérez-vous cette situation ?

Cette situation ne peut perdurer et est préjudiciable pour tous. Il faut vraiment que cette succession de salons ne se reproduise pas. En organisant Automechanika en 2022, nous revenons dans notre créneau des années paires et nous reprenons notre calendrier normal. Il est clair que nous devons avoir des discussions avec nos confrères et nous sommes en contact avec Autopromotec.

Que dites-vous aux exposants pour qui cette multitude de salons coûte cher et mobilise toutes leurs équipes ? Comment peut-on budgéter autant de manifestations ?

Je comprends les difficultés des professionnels mais il faut relativiser l’ensemble des données. Nombre de nos exposants habituels ont réalisé des performances en chiffre d’affaires ces derniers temps pendant que les organisateurs de salons n’ont pas pu générer de résultats. Chaque organisateur doit reprendre ses activités et gagner de l’argent au risque de disparaître. Pendant toute cette période, alors que nous ne gagnions rien nous avons dû honorer nos obligations et nous ne pourrons pas le faire indéfiniment. Il nous faut travailler. 

Le fait que les organisateurs de salons grand public automobiles souffrent énormément vous inquiète -il pour l’avenir des salons professionnels ? 

Entre les salons professionnels et les salons Grand Public, nous sommes face à deux mondes différents. Les professionnels se rendent à des manifestations qui leur sont dédiées afin de découvrir des innovations favorables à la création de nouveaux business. Certes, nous avons besoin de changer des paramètres, nous avons besoin d’évoluer et de proposer de nouveaux axes qui tiennent compte également des nouvelles technologies.

Quels changements marquent l’édition de 2022 ?

Comme je l’évoquais, nous avons effectué de grandes modifications en poussant la digitalisation. C’est ainsi que nous avons créé une plateforme digitale pour soutenir l’édition physique. Et nous n’oublions pas non plus qu’un show physique important ne l’est que s’il mobilise beaucoup d’exposants et de visiteurs dans le monde. C’est pourquoi, nous avons beaucoup investi dans le markéting international, ce qui aboutit à la conception des « business lounges meetings » thématiques comme les services du e-commerce, par exemple. Nous avons ainsi pu bénéficier du sponsoring d’un des acteurs les plus importants du secteur « eBay » et de ses partenaires pour montrer la chaîne de distribution.

De la même façon, afin d’impliquer tout le monde, nous avons remplacé l’Oktober Fest qui était réservé aux exposants, à des « Happy Hours » quotidiens (le soir) qui réunira à la fois les exposants et les visiteurs. Une initiative qui permettra à tous de se rencontrer. Nous sommes connus et nous devons être le numéro un « global », la manifestation doit être globale. Mais pas au sens où l’on entend le salon Automechanika Shanghai, axé sur une présentation de marques alors que le salon de Francfort joue son rôle de facilitateur d’échanges commerciaux et de ventes, nous faisons en sorte que ces échanges soient facilités pour les internationaux. 

Vous n’échappez aux grandes tendances du marché ?

Nous avons créé un show spécial « innovation for mobility » où il sera aussi question des batteries, des véhicules connectés, des véhicules sécurisés du futur. Et bien sûr des applications ou implications pour l’aftermarket. Parallèlement, nous allons proposer des solutions de réparation et de formation des acteurs, des réparateurs. Il ne s’agit pas seulement de montrer les technologies innovantes mais bien de les mettre à portée des mécaniciens. Nous devons poser la question de savoir de quoi ils ont besoin pour réparer les voitures et leur fournir les solutions et les équipements pour pouvoir le faire en toutes circonstances. 

Le fait que le salon soit allemand vous nuit-il pour recevoir des professionnels d’Afrique et notamment d’Afrique du nord qui parlent plus facilement le français ? 

Notre salon propose l’offre la plus complète sur le secteur de l’aftermarket, des nouvelles mobilités, au niveau mondial, il apparaît donc comme primordial pour tout réparateur, distributeur, concessionnaire, équipementier, etc. Donc, bien sûr, il intéresse les professionnels d’Afrique du nord qui ne sont pas gênés par des questions de langage car sur tous les stands, il y a des gens qui peuvent leur répondre, en français, en anglais, en arabe… Les exposants connaissent leurs visiteurs et font en sorte de pouvoir répondre à tout le monde. L’offre fait venir le visiteur, et l’exposant sait qui il reçoit et comment le recevoir.

Dans la saga des salons, il y a aussi Istanbul et Dubaï, tout le monde ne va pas se marcher sur les pieds au second semestre ?

Automechanika Istanbul et Automechanika Dubaï sont leaders sur leur secteur, et confortent à chaque édition des positions fortes. En outre, il n’y aura pas le salon russe cette année. Chaque salon jouera son rôle et cela sera au bénéfice des visiteurs.

Rédaction
Rédactionhttps://www.maghreb-rechange.com
Rédacteur en chef d'Algérie Rechange, de Rechange Maroc, de Tunisie Rechange et de Rechange Maghreb.

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