Iris se rêve en porte-étendard de l’industrie algérienne

Iris se rêve en porte-étendard de l’industrie algérienne

Trois ans après son lancement, la société du groupe Saterex a trouvé sa place dans le secteur du pneumatique. Une réussite tant sur son marché domestique, où Iris a redonné du sens et de la valeur à une production locale parfois décriée, qu’à l’international. Numéro un en Algérie et numéro trois en Afrique, Iris voit plus grand. Des travaux en cours vont lui permettre de doubler ses capacités de production et d’exporter son savoir-faire encore plus loin. Sans jamais oublier ses racines. Interview exclusive pour Rechange Maghreb, extraits.

Comment réussir à passer (avec succès) du monde de l’électroménager et de la téléphonie à celui du pneumatique ? Par quels biais se fait donc la connexion entre deux univers de prime abord assez éloignés l’un de l’autre ? La réponse à ces questions tient en réalité dans un nom : Yacine Guidoum. Les qualités qui caractérisent un entrepreneur de talent sont multiples mais s’il ne fallait en retenir qu’une seule ce serait peut-être le flair. Ce sens imperceptible qui fait que, à un moment donné, un chef d’entreprise va prendre le « risque » de se lancer dans une nouvelle aventure parce qu’il a le sentiment que cela a du sens, que celle-ci a du potentiel et qu’une histoire est potentiellement à écrire. Tout ne tient pas uniquement dans des études de marché, des tableaux Excel et des analyses de bilan comptable… Il faut aussi avoir de l’instinct et, en 2019, Yacine Guidoum n’en a pas manqué. A ce moment précis, voilà déjà quinze ans qu’il a fondé Saterex. Un groupe spécialisé dans la fabrication de produits électroniques, électroménagers et de téléphonie, plus connu sous le nom de la marque Iris. Depuis son berceau de Sétif, la société s’est non seulement fait une place au soleil d’un marché florissant mais elle en a surtout pris le leadership en Algérie. De quoi faire naître de nouvelles ambitions. 

Abondance de pneus chinois

Au milieu des années 2010, l’industrie locale du pneumatique est exsangue. La baisse du pouvoir d’achat ouvre une brèche dans laquelle s’engouffrent peu à peu les manufacturiers exotiques, principalement chinois. Parallèlement, l’un des fleurons du marché mondial, Michelin, décide de quitter le pays, fermant en 2013 son usine de Bachdjarrah, près d’Alger, où travaillaient 600 salariés. C’est dans ce contexte que murit le projet de Yacine Guidoum. Entre le désir de revaloriser le savoir-faire algérien et la volonté de saisir une belle opportunité de croissance pour son groupe, le dirigeant décide alors de se lancer dans le pneumatique. « En Algérie, 80 % du marché se concentre sur le segment budget et, sur celui-ci, les marques chinoises représentent 80 % des ventes, synthétise Hichem Hammoudi, ex-cadre de Michelin, aujourd’hui directeur commercial d’Iris. C’est un vrai problème car ces pneumatiques ont mauvaise réputation mais les automobilistes continuent d’en acheter puisque, outre une certaine méconnaissance du sujet, demeure un problème de coût. Faire en sorte de proposer un produit de qualité à un prix abordable, c’était vraiment l’objectif de Yacine Guidoum en se développant dans le pneu ». Et quitte à y aller, autant ne pas le faire à moitié. 

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